Syndromes, anxiété et thérapie

RSaddictionSi la consommation quotidienne des réseaux sociaux est en constante augmentation, on voit apparaitre parallèlement certains syndromes de dépendance et d’anxiété liés à cette pratique. Coup de projecteur sur quelques effets indésirables et thérapeutiques.

Lieu commun incontestable, nul ne peut y échapper (même les derniers récalcitrants déposent les armes petit à petit) : les réseaux sociaux sont omniprésents. Ces petits prolongements de nous-mêmes, ces bijoux en technologie qui gèrent nos vies, remplissent nos temps morts, allègent nos sacs à main, nous informent en continu, nous connectent avec la planète entière en quelques swings d’index, nous promettent de trouver l’âme sœur ou encore décrocher le job de nos rêves peuvent aussi se transformer en véritables objets de torture, d’angoisse, en vampires chronophages ou encore en détracteurs d’humeurs ! Rapide survol de certaines pratiques qui altèrent nos humeurs, provoquent parfois des angoisses profondes ou qui pourraient dans un futur proche substituer les séances chez le psy !

 

wasting time
CHRONOPHAGE & ADDICTIF ? 
Etre sur les réseaux sociaux ça prend du temps. Si cette constatation basique est sur toutes les lèvres, elle n’empêche pas les utilisateurs de continuer gaiement à les utiliser. Et même si certains se plaignent d’y perdre leur temps… tous y reviennent (ou presque). Postulat de départ, prenons Facebook . Qui n’a pas passé une heure à scroller les yeux écarquillés de profils en profils en cliquant sur une photo, en jetant un coup d’œil sur LA nouvelle vidéo ou encore à checker à quel événement incontournable on pourrait bien s’inscrire ? Bref, une activité qui est entrée dans les mœurs et qui ne surprend plus personne. Est-ce que ce temps passé à flâner sur les rivages de votre réseau social vous a rendu plus intelligent, moins seul, plus heureux ? Nombreux sont ceux qui sont persuadés que l’utilisation régulière du réseau améliorera leur humeur. Pourtant une étude récente prouve que la plupart des utilisateurs de réseaux sociaux ont indiqué être de moins bonne humeur que les participants d’autres groupes (un groupe sur Internet et un autre qui ne faisait rien) et ils ont eu le sentiment de ne rien faire de significatif de leur temps. Même s’il ne se passe rien d’exceptionnel, la plupart des personnes y reviennent et il semblerait que cela est dû au fait que les individus ont des difficultés à prédire l’impact émotionnel d’événements ou de pratiques sur leur vie, que ce soit positif ou négatif. Avec Facebook, c’est d’autant plus vrai qu’il est facile d’oublier: il ne se passe rien d’exceptionnel… mais on y revient.
P.S. : Dans l’étude précitée, ceux qui ont vu leur moral descendre à la cave, sont aussi ceux qui ont eu un comportement passif (ils observent, décortiquent la vie des autres… qui par ailleurs leur semble toujours mieux que la leur), contrairement à ceux qui ont pris une part active en postant commentaires, photos et autres échanges. Outre une stabilité d’humeur, ils n’ont même pas eu le sentiment de perdre leur temps.

 

PEUR DE RATER QUELQUE CHOSE ?
Avec la manie d’être hyper-connecté et ce quasi jour et nuit, il existe désormais un syndrome des temps modernes, une anxiété relative au fait de rater éventuellement un événement ou une interaction. Elle correspond aux symptômes de nombreux utilisateurs compulsifs de réseaux sociaux et s’appelle F.O.M.O – Fear Of Missing Out. Dans les grandes lignes, les personnes souffrant de ce type d’angoisse se sentent moins autonomes, moins compétentes et moins connectées que leurs consœurs. Elles sont celles qui n’ont de cesse d’aller surveiller leur compte FB, Twitter leurs mails, sms, etc. afin de s’assurer qu’elles n’ont rien manqué. De plus, ces individus atteints de cette pathologie ont par ailleurs une énorme difficulté à se concentrer sur le moment présent. Il leur est donc préconiser de se déconnecter fréquemment et de s’immerger dans la « vraie vie ». Une conférence (en anglais) relatant ce sujet !
P.S. : Ce qui peut être néfaste pour ceux atteints de ce type d’angoisse, peut être une véritable poule aux œufs d’or pour les réseaux sociaux.

 

next step
LES RESEAUX SOCIAUX EN LIEU ET PLACE DU PSY ?
Ce constat peut certes vous faire sourire, mais des études tout à fait sérieuses prouvent d’une part que l’analyse d’un profil Facebook peut aider à faire le point sur la santé mentale d’un patient et qu’elle permet d’autre part de déduire de sa pathologie de manière aussi efficace qu’une série d’entretiens entre un patient et son psychologue.
Après le prêtre (à qui on confessait ses péchés, pour être en paix avec Dieu), le psy (à qui on parlait pour se réconcilier avec soi-même et ses désirs), voici venue l’ère de la «psychologie made in Facebook» (une plateforme pour booster son estime de soi) ! Auparavant pour faire partie d’une communauté, on taisait parfois certains pans de notre vie, juste pour être accepté au sein de cette dernière. Actuellement et avec la confidence d’éléments très personnels sur la toile, nous nous donnons les moyens de rencontrer ceux avec lesquels nous sommes susceptibles de former une communauté forte et authentique. A l’heure où les consultations psy sont en lien avec un défaut d’estime de soi et une difficulté à surmonter nos traumatismes, la mise en avant de nos vies sur cette place publique virtuelle, peut en tous cas favoriser un début de valorisation de notre propre vie et permettre aussi à tout un chacun d’oser s’afficher.
P.S.: Tout cela est encore fort fragile, puisqu’on reconnait que la mise en scène de soi sur les réseaux sociaux est à l’origine d’un besoin de reconnaissance qui semble être sans limite et qui exacerbe le besoin d’immédiateté du retour des autres. Auprès des plus jeunes, il en découle aussi un déclenchement de harcèlement sur les réseaux qui peut même conduire au suicide. Donc les réseaux communautaires sont encore loin d’être le remède à nos grands maux, mais utilisés avec intelligence, parcimonie et humour, cela ne peut-être que bénéfique.

 

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POSTFACE
Dans une société où les mauvaises nouvelles sont abondantes, n’oublions pas que les réseaux sociaux ont une infrastructure conçue pour distribuer du positif. Ils s’efforcent de nous fournir des outils pour transmettre nos succès, nos joies, nos passions et aussi nos coups de gueule et nos délires. Le succès des réseaux communautaires et le triomphe des bonnes nouvelles on-line sur les mauvaises correspondent peut-être à ce que nous aspirons tous intrinsèquement. Après tout, cela fait des années que les utilisateurs de Facebook réclament une touche « j’aime pas » et la façon de la revendiquer passe par la page « Touche J’aime pas » qui à ce jour ne détient que 53’800 adhérents contre les 1 million requis pour que la pétition soit prise en compte. Il semblerait que nous soyons encore bien loin d’une mobilisation massive pour intégrer une touche négative dans nos réseaux sociaux préférés.

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