Réseaux sociaux : Ils ont changé nos vies mais nous ont-ils changés, nous?

Rapport aux autres, consommation de l’information, gestion de l’image, sécurité, marketing, cybercriminalité, on attribue aux réseaux sociaux de « nouveaux comportements », une « vie sociale 2.0 » ou même la « révolution digitale ». Si nos habitudes on évidemment été bouleversées par leur arrivée, ont-ils pour autant modifié fondamentalement le comportement de l’homme ?

Il y a à peine 15 ans, on s’informait au saut du lit en tournant la molette pour promener l’aiguille sur la bande FM en cherchant une fréquence sans friture. On écoutait en boucle notre disque préféré sur notre baladeur et on re-gravait le CD pour le partager avec les copains. On parlait météo dans la rue, on commentait les nouvelles lues à la pause dans le quotidien régional à table. Les photos étaient réservées aux vacances, on se battait pour la télécommande le soir et on passait des heures au téléphone en tirant le fil d’une pièce à l’autre. Radio, grands quotidiens, famille, collègues et amis, l’information au sens large nous provenait d’un cercle plus ou moins grand selon notre milieu.

Aujourd’hui, on tâtonne d’une main sur la table de nuit pour agripper notre Smartphone et faire taire ce coq qui nous réveil. Oui parce qu’on peut avoir une vie citadine 2.0 tout en gardant un esprit rural. Une fois en main, difficile de lâcher l’objet. Les doigts scrollent machinalement. Un œil encore fermé, le monde entier glisse sous nos doigts. Toute la journée, nos différents fils d’actualités nous distillent de l’info en intraveineuse. Du premier dessin d’Eliott, rejeton d’une ancienne camarade de classe, à l’exécution d’otages sur un autre continent en passant par l’accident de camion et le mariage d’une célébrité, l’information est déversée, sans interruption ni hiérarchie telle une « logorrhée cybernétique » .

D’une génération faisant de la discrétion une vertu et dont la devise pouvait être «quand on ne sait pas, on se tait », nous sommes passés à une génération post-Loft Story homologuant la non-information par le simple fait d’exister comme étant déjà une info légitime et capitale. Chaque individu devient lui-même un média générant du contenu sur les réseaux. Actualité, musique, image, sans prendre de recul, on réagit à chaud, on partage et on contribue à faire grossir ce fleuve d’infos. Parce qu’il y a urgence, parce que le temps de tourner 7 fois nos pouces avant de réagir, la news sera obsolète.

Avec la mondialisation, les distances géographiques et culturelles diminuent, les fuseaux horaires apparaissent comme un concept dépassé. Désormais, 28% de la population totale de ce village qu’on appelle le monde est active sur les réseaux sociaux et ces derniers sont devenus la place de ce village qui ne dort jamais. On s’y raconte, s’y croise et s’informe, on s’y rencontre ou s’y retrouve, on y ragote aussi bien qu’on s’y informe. On débat, comme sur le zinc du bistrot d’en bas. Si les moyens de communication et les habitudes ont changé, les comportements eux, ont simplement été exacerbés. Il y a celui qui peut nous apprendre à tricoter, celle avec qui on discute météo, ceux qui ne sont là que pour se montrer, celle qui dispense ses conseils cuisines, la jolie fille dont on admire le style, ou ceux qui cherchent à faire connaître leurs idées politiques.

La vraie révolution est ici : l’accessibilité au savoir universel par la prolifération des sources. La connaissance d’un individu ne connaît plus d’autre limite que celle de sa curiosité puisqu’il a accès à la connaissance d’une multitude d’autres individus. Les médias traditionnels ne sont plus les seuls à « savoir », à pouvoir informer puisque . Dans tous les domaines, les alternatives étant infinies, les gens ne se contentent plus de ce qu’on leur sert. Le défi d’aujourd’hui pour tous les créateurs de contenus – entreprises ou particuliers – est d’être l’élu parmi tant d’autres. À eux de savoir comment mériter cette attention, être apprécié, susciter l’intérêt. Car finalement, comme autrefois au village, la clé du succès c’est d’être populaire pour devenir un prescripteur et ainsi, influencer des comportements. Mais au fond, pensez-vous que modifier votre comportement change qui vous êtes ?

????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????

Pour approfondir le sujet:

2 réflexions sur “Réseaux sociaux : Ils ont changé nos vies mais nous ont-ils changés, nous?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s