Les villes suisses et leur présence sur les réseaux sociaux

Le but de cet article est d’analyser la présence des grandes villes de Suisse sur les réseaux sociaux. Par ville, j’entends les administrations communales. Travaillant pour une commune, il était intéressant pour moi d’analyser comment ces dernières abordaient ce sujet, sachant qu’une personne sur deux en Suisse est présente sur les réseaux sociaux.

Méthodologie

Je suis allée vérifier sur chaque site web des villes sélectionnées, leurs présences ou non sur les médias sociaux. Si rien n’était mentionné, j’ai cherché par moi-même.

Afin d’analyser les différents réseaux sociaux, je me suis posée les questions suivantes :

  • Les réseaux sociaux sont-ils mentionnés sur leur site web ?
  • Quel contenu postent-elles ? A quelle fréquence ?
  • Créent-elles de l’engagement ?
  • Le contenu est-il différent suivant la cible ?
  • Modèrent-elles ?

Avantages et inconvénients

Les avantages sont multiples. J’en citerai quelques-uns : capital sympathie, image moderne/connectée, la possibilité d’entendre/écouter/dialoguer. Visibilité des projets. Réactivité quasi immédiate. Générer de l’engagement. Un guichet 2.0.

Les inconvénients : tout projet est politique et donc va parfois générer des commentaires. Je pense que ce n’est pas le rôle d’une fan page de répondre à des propos engagés. Être présent sur les réseaux sociaux demande du budget mais surtout des ressources.

 Aujourd’hui, une ville d’une certaine taille se doit d’assurer une présence sur les réseaux sociaux car c’est une opportunité incroyable et directe de pouvoir informer, converser et écouter sa population.

Analyse

Genève

Elle est présente sur Facebook et YouTube, cela est mentionné sur son site web. Sur Facebook, le contenu est informatif mais surtout lié à des manifestations. Elle poste du contenu tous les jours sauf le week-end. En règle général, le contenu est adapté à ce support, agréable à lire avec toujours une photo de qualité ou un lien utile. Son avantage indéniable : ses vidéos peuvent être visionnées directement depuis Facebook. Les contenus génèrent souvent du trafic. Sa modération est excellente.

Exemple de contenu adapté à sa cible.

Exemple de contenu adapté à sa cible

Lausanne

Elle est présente sur Twitter et YouTube, cela est mentionné sur son site web. Sur Twitter elle ne poste pas régulièrement (il y a des pauses parfois de 15 jours). Elle reprend les titres des articles de son site web et rajoute le lien en question. Elle n’utilise aucun hashtag. Le contenu des tweets est le même que sur son site web.

Berne

Elle est présente sur Twitter mais cela n’est pas mentionné sur son site web. Elle poste presque tous les jours, sauf le week-end. Elle reformule le titre d’articles de son site web et utilise des hashtags. Il y a quelques retweets. En règle générale, les tweets sont en lien avec ce qu’il se passe sur son site web.

Zürich

Elle est présente sur Facebook et Twitter mais cela n’est pas mentionné sur son site web. Sur Facebook, le contenu est informatif et également lié à des manifestations. Elle poste chaque jour, sauf le week-end. Les contenus sont trop institutionnels, mais de très bonne qualité. Parfois quelques contenus ressortent et génèrent beaucoup de trafic. Elle modère très bien et rajoute même des liens utiles suivant la conversation.

Zürich_modération_octobre

Exemple de modération.

Exemple de modération

Sur Twitter, un tweet de 2013 explique qu’elle est sur ce réseau social qu’en cas d’urgence et que pour le quotidien, elle nous invite à la retrouver sur son compte Facebook.

Le tweet informatif.

Tweet informatif

Bienne

Elle est présente sur Twitter mais rien n’est mentionné sur son site web. Elle poste presque tous les jours, sauf le week-end (et sauf exception en cas de résultat de votation). Les tweets sont peu adaptés car c’est un copier/coller des titres d’articles de son site web. Il n’y a que très peu d’interaction.

Lucerne

Elle est présente sur Facebook, Twitter, YouTube et Google+ et cela est mentionné sur son site web. Sur Facebook, le contenu est informatif et également lié à des manifestations. Elle poste tous les jours et parfois même le week-end. Les posts sont peu adaptés au support mais sont quand même de qualité. Les seuls posts qui sont percutants, génèrent du trafic. Côté modération, elle répond très rapidement.

Exemple d'une couverture mettant en avant leurs employés.

Exemple d’une couverture mettant en avant leurs employés

Sur Twitter, elle tweet presque tous les jours, sauf le week-end. Elle reformule chaque titre d’articles de son site web qu’elle met en lien. Elle utilise des hashtags. Ses tweets sont retweetés presque à chaque fois. Un plus : elle suit beaucoup de personnes/entreprises et retweet ces derniers suivant le thème.

 Sion et Lugano ne sont présentes sur aucun réseau social.

 J’ai également répertorié les villes en Suisse romande qui sont présentes sur les réseaux sociaux. Bilan : les cantons de Genève et de Vaud sont actifs sur les réseaux sociaux tandis que Fribourg, Valais, Jura et Neuchâtel sont totalement absents.

Résultats

De cet état des lieux ressortent nettement les villes de Genève et Lucerne qui de mon point de vue gèrent le mieux leurs pages Facebook. Elles sont plus attractives et sont très impliquées sur les réseaux sociaux. Genève fait extrêmement attention à sa charte graphique et toutes les vidéos commencent toujours par leur logo. C’est la seule qui fait cela. Je trouve que c’est un avantage, cela créé une identité claire.

Concernant la fréquence de publication, en général les villes postent sur Facebook du contenu tous les jours, sauf le week-end. J’en déduis qu’aucune programmation n’est faite. C’est bien dommage, car les abonnés continuent eux d’être actifs sur les réseaux sociaux le week-end. Elles devraient profiter d’être également présentes et de poster, par exemple, du contenu dédié aux sorties, aux expositions, etc., qui sont des sujets plus simples à gérer en cas de commentaires d’internautes.

Il ressort également que certains sites web ne mentionnent pas la présence des villes sur les médias sociaux. Je ne comprends pas cet oubli, car c’est vraiment un espace de visibilité très important. Concernant les villes qui indiquent cette présence sur leur site web, on retrouve malheureusement les pictogrammes en grande partie, tout en bas en tout petit. Vevey a par exemple bien compris les enjeux et les mentionne tout en haut à gauche (même si elle oublie d’intégrer Instagram, réseau sur lequel elle est présente).

Page d'accueil du site web de Vevey

Page d’accueil du site web de Vevey

Concernant Instagram, je trouve étonnant qu’il ne soit quasi pas utilisé car ce réseau permet une visibilité et une spontanéité que les gens adorent. Les villes pourraient mettre en avant le côté humain en photographiant par exemple certains de leurs employés qui travaillent sur le terrain. Photographier des bâtiments qui illustrent la ville, des ambiances suivant la saison, etc. Cette manière d’utiliser ce réseau permettrait d’être proche de sa population et que cette dernière s’identifie à sa ville. Les villes ont toute quelque chose de spécial, rendons-les humaines.

Exemple d'un post de la ville de Paris sur Instagram

Exemple d’un post de la ville de Paris sur Instagram

Il y a un réseau social qui ne ressort jamais des sites internet officiels, c’est LinkedIn. Malheureusement, je n’ai pas eu le temps d’aller explorer moi-même ce réseau afin d’y dénicher des éventuels profils de ville. Celles-ci ne doivent en aucun cas négliger ce média qui permet de publier des contenus beaucoup plus étoffés que sur Facebook ou Twitter. C’est également une grande visibilité par de potentiels employés. On en revient toujours à l’image, qui bien évidemment doit être cohérente avec la réalité.

Pour résumer, on s’aperçoit que les villes ont presque toutes compris qu’elles se devaient d’être présentes sur les réseaux sociaux mais que quelques-unes n’ont pas de stratégie et qu’elles peinent à utiliser un langage adapté à leurs cibles et aux canaux. Par stratégie, j’entends qu’il manque une observation de ses cibles, donc de messages différents suivant celles-ci. Les villes doivent se poser la question du choix du réseau social, quel est son public cible et comment elles veulent interagir avec lui.

Les réseaux sociaux ne doivent pas être une mode à suivre parce que tout le monde y est mais doivent être réfléchis avant de s’y lancer. Et si l’on se lance, il faut avoir des ressources compétentes qui puissent informer, dialoguer et écouter sa population, car ne l’oublions pas, ce sont les trois points les plus importants pour une ville.

 Pour les plus intéressés, je vous laisse lire l’excellent interview de Noémie Buffault, community manager de Paris, à qui Fabian Ropars, du Blog du Modérateur, a posé quelques questions très pertinentes, comme par exemple : « Depuis quand, et pourquoi avoir choisi d’investir les réseaux sociaux ? ».

4 réflexions sur “Les villes suisses et leur présence sur les réseaux sociaux

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