Internet : une dictature bienveillante ou un monde dystopique ?

Je me souviens d’un livre lu alors que j’étais adolescente. Je ne me souviens ni du titre ni de l’auteur. C’était un roman de SF qui avait fortement marqué mon imaginaire d’alors. La trame narrative n’était certainement pas la plus brillante, mais la thématique m’avait interpellé – suffisamment pour que je m’en souvienne 35 ans plus tard.

Le sujet donc… : Dans un future, proche ou lointain, une poignée d’hommes et de femmes ont l’entière mainmise sur « la machine ». Celle-ci enregistre, paramètre, classe, suggère, facilite, aide à tous les aspects de notre vie, en toute situation et en nous induisant un sentiment de sécurité. Cette humanité consentante et heureuse d’être consentante, avance alors d’un élan unique dans le fil de la vie.

Les diversités sont gommées, les différences culturelles ne sont plus étudiées que dans les musées et les canons de beauté ont changés au mépris de la santé. Les saveurs culinaires sont devenues uniformes d’un bout à l’autre de la planète et les télévisions diffusent les mêmes séries. La socialisation et le mode de vie se sont profondément modifié grâce (ou à cause) de l’hyper-connectivité.

Le mode de pensée devient unique, les modes de vie se diluent. Le monde avance alors, plutôt heureux de son sort.

Je ne me rappelle pas comment cela finissait, ni de l’histoire d’ailleurs, juste du contexte.

Ce dont je me souviens par contre, et de manière très précise, c’était mon sentiment de malaise face à cette uniformisation.

Me voici donc 35 ans plus tard. L’informatique à envahit notre quotidien. De la domotique à la bureautique, de l’activité sportive à mon activité de lecture, de mon trajet en voiture à mon trajet de shopping, de mon dossier dentaire à mon dossier immobilier, mes conversations téléphoniques professionnelles ou amoureuses, tous les aspects de notre vie du lever au coucher sont référencé, stockés, scrutés, analysés, statisticés.

Une poignées de compagnies (et donc d’hommes et de femmes) ont la mainmise sur cette hyper-connectivité. Les plus grandes s’appelles Google, Amazon, FaceBook, Alibaba ou encore Renren. Nous adhérons volontairement et avec joie, dans un même élan. Si nous possédons la nouveauté avant notre voisin, nous sommes fiers. D’ailleurs nous sommes prêt à payer très cher pour ça et nous leur donnons sans problème notre empreinte digitale aussi facilement que notre carte cumulus. Nous payons par Paypal et faisons livrer à domicile. Entrons toutes les adresses, y compris les plus inavouables, dans la barre http:// ou dans notre GPS et pour beaucoup, ont du sexe via les réseaux.

Pourtant nous savons tous que toutes ces images, tous ces mots, toutes ces données finissent dans des méga-centres de stockage de données. Que rien n’est jamais effacé, tout au plus déréférencé. Mais que veut dire déréférencé ?

70b3416a-9fe1-11df-baf4-bf1500fcf659

Nous sommes tous conscients que ces données peuvent avoir une portée de nuisance incroyable. Et pourtant nous continuons, nous insistons, nous en réclamons plus. Et clairement nous allons en avoir plus, puisque nous en sommes qu’au début d’internet.

Quel mécanisme nous pousse à avoir confiance ? Alors même que nous savons tous que ces entreprises collaborent avec des institutions gouvernementales pas toujours bien intentionné. Que des hackers sévissent, que la cyber-criminalité internationale y fait son nid. Pourquoi ces compagnies ont-elles réussi à ce que nous leurs abandonnions une si grande part de nous-même ?

La réponse se trouve-t-elle dans la technologie ou la psychologie ?

Article connexe :

http://rue89.nouvelobs.com/2015/05/17/reve-dinternet-comme-nouveau-territoire-sans-frontieres-est-vaste-blague-259170

http://www.slate.fr/story/92925/jeremy-rifkin-internet-nous-sauvera-t-il-tous

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s