Le Dr. Jean Gabriel Jeannot, ancien élève du SAWI, est aujourd’hui spécialiste en médias sociaux dans le domaine de la santé

« J’ai acquis des connaissances qui font de moi un docteur 2.0 »

Il tweete, poste, like, hashtague et publie des articles sur la santé. Le Dr Jean Gabriel Jeannot a obtenu son diplôme de spécialiste en médias sociaux du SAWI en janvier 2015. En plus de son activité en tant que médecin dans son propre cabinet, il est aujourd’hui responsable Internet et réseaux sociaux à la Policlinique Médicale Universitaire de Lausanne, consultant #eSanté sur Medplus.ch et formateur pour les professionnels de la santé sur l’utilisation du web 2.0 et des réseaux sociaux. Interview d’un futur community manager.

Jeannot-2-Couleur-130x130

Dr. Jean Gabriel Jeannot

Pourquoi avez-vous choisi de suivre la formation de spécialiste en médias sociaux du SAWI et dans quel but?

Avant de m’intéresser au 2.0, j’ai développé une expertise web dans le domaine médical en 1.0 durant ces dernières années. Je me suis d’abord intéressé à l’Internet pour les professionnels de la santé, puis plus récemment à l’Internet médical pour le grand public. Vu mon intérêt pour les technologies de l’information, il était logique que je m’investisse dans les médias sociaux. Le web 1.0 donne accès aux contenus, le 2.0 aux individus, c’est une immense opportunité, pour le monde de la santé notamment. La Policlinique médicale universitaire de Lausanne (PMU) a la volonté de développer sa présence sur les médias sociaux, notamment pour pouvoir y diffuser des informations santé de qualité mais aussi pour pouvoir interagir et converser avec les internautes, plus particulièrement avec ses patients. En charge de ce projet, j’avais donc besoin de meilleures compétences en médias sociaux et de développer une stratégie 2.0 de qualité, essentiellement avoir plus de connaissances et d’outils dans ce domaine que ce j’avais pu acquérir par moi-même.

Qu’est-ce que ce diplôme a changé à votre carrière? Apporte-t-il quelque-chose de plus?

A mon avis, ce diplôme n’a pas la même finalité pour tous les étudiants du SAWI. Schématiquement, il y a ceux qui ont besoin de ce diplôme pour leur activité professionnelle principale, par exemple pour devenir community manager, et il y a les autres, comme moi, pour qui le papier en tant que tel n’est pas requis par son employeur. Ce sont surtout les connaissances acquises qui sont importantes. Il m’a également permis d’élargir mon réseau au sein des professionnels en médias sociaux et de me connecter à de nouvelles personnes influentes dans ce domaine.

Ce que ce diplôme m’a apporté ? Même si le monde des médias sociaux nécessite un apprentissage permanent, j’ai tout de même acquis des connaissances qui font de moi un médecin 2.0 ! Je suis par exemple invité comme orateur à Paris début juin à la conférence internationale « Doctors 2.0 & You« , justement consacré à l’eSanté. J’y parlerai de la collaboration 2.0 entre médecins et patients avec un témoignage de l’expertise acquise dans le monde des médias sociaux (conférence transmise sur Périscope !).

Vous êtes également créateur et responsable de différents sites Internet médicaux. Qu’est-ce la formation du SAWI vous a apporté pour la gestion de ces sites et réseaux sociaux et la création de leur contenu?

Une approche plus professionnelle. Je vais par exemple complétement refaire mon site Medicalinfo.ch, consacré à l’utilisation d’Internet pour les questions santé. Même si les statistiques d’utilisation sont bonnes, mes nouvelles connaissances me donnent envie de moderniser ce site. Mais pour tous ces projets, le temps me manque…

Grâce à vos différentes plateformes et activités sur les réseaux sociaux, avez-vous l’impression d’avoir créé une vraie communauté de « followers »?

Oui, à l’évidence, c’est devenu une vraie communauté. Des espaces d’échanges mais aussi de précieuses sources d’informations. Le nombre des followers augmente chaque jour. Toutefois, une présence sur les médias sociaux comporte forcément une dimension un peu narcissique et il faut faire attention à ne pas faire la course aux nombres de followers. Il est par exemple facile d’augmenter le nombre de followers sur Twitter, simplement en s’abonnant à de nombreux comptes qui ensuite vous suivent. Je préfère la qualité à la quantité. Il faut être honnête sur les médias sociaux, humble, savoir rester soi.

Est-il important que le community manager ait une excellente connaissance de l’entreprise (polyclinique dans votre cas) et de son secteur pour mieux communiquer avec les internautes?

Absolument. La connaissance du domaine est un réel atout. La force du projet de la Policlinique est justement la forte implication du corps médical. Mais je pense que cela dépend aussi du secteur d’activité. C’est pour moi l’occasion de préciser un point qui me paraît important: le rôle du community manager doit être un rôle de coordination, un peu comme un chef d’orchestre. Le but est de faire si possible évoluer toute l’entreprise vers le 2.0, pas uniquement le service de la communication. Tous les employés ont quelque chose à apporter.

Est-ce que vous vous considérez comme un community manager pour la Policlinique Médicale Universitaire (PMU) de Lausanne ?

Il faut savoir que la PMU n’est pour l’instant pas présente sur les médias sociaux, mais cela va changer ces prochains mois. J’assumerai le rôle de community manager une fois les comptes Facebook, Twitter et LinkedIn de la PMU créés et ce, jusqu’à ce que de nouvelles forces soient engagées. Je resterai à 100 % dans ce projet mais à l’avenir avec un rôle plus stratégique. Mon objectif serait, en plus de cette présence, de proposer des formations médias sociaux aux membres du personnel intéressé, mais aussi à terme au grand public. On doit expliquer à la population comment trouver sur Internet une information santé de qualité et où trouver une communauté de patients sur une maladie donnée.

Quels sont les enjeux et les principales difficultés que vous rencontrez à ce poste?

En médecine, les médias sociaux offrent d’immenses possibilités. On peut penser à la diffusion d’information santé de qualité, à l’opportunité d’entendre les questions et interrogations de la population sur les questions santé, à la possibilité qu’offre par exemple YouTube de diffuser largement des informations santé, aux communautés de patients, etc. Les enjeux, c’est donc simplement d’utiliser les outils technologiques actuels pour faire une médecine moderne, avec des patients informés qui sont mis au centre du système de santé.

La difficulté principale provient du fait que l’utilisation des médias sociaux en médecine est mal connue, un travail de sensibilisation et de formation est nécessaire, auprès du grand public comme auprès des professionnels de la santé.

Pensez-vous qu’il faut être passionné par son domaine pour être un excellent community manager?

Etre passionné, ou en tout cas intéressé, facilitera le travail dans un monde qui, malgré son côté ludique, est très exigeant.

Les réseaux sociaux sont en constante évolution. Comment faites-vous pour continuer à vous tenir au courant des dernières nouveautés et combien de temps y consacrez-vous par semaine?

Je lis ! Ma source d’information principale étant naturellement les médias sociaux, Twitter en particulier (@jgjeannot). Combien de temps ? Je préfère ne pas savoir…

Quelles sont, selon vous, les bonnes pratiques pour bien gérer sa e-réputation en tant que médecin et community manager?

Se Googliser ! Taper régulièrement son nom dans les moteurs de recherche et comparer ce qui en ressort d’une fois à l’autre. Ayez toujours en tête que tout ce qui est posté sur les médias sociaux sera potentiellement visible de tous et pour toujours. J’essaie de ne pas publier d’informations (trop) personnelles. Et de nouveau, être soi-même et honnête.

Quels conseils donneriez-vous aux élèves du SAWI qui suivent actuellement la même formation que vous avez suivie, et qui veulent comme vous, gérer les réseaux sociaux d’une entreprise, d’une clinique ou d’une association?

Se rendre compte, même si on a tous toujours quelque chose à apprendre, que l’on en sait plus que les autres ! Il faut donc veiller à rester curieux, pour apprendre encore et toujours.

 

Merci Jean Gabriel pour cette interview et à bientôt sur les réseaux !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s