La « Facebookothérapie », l’outil thérapeutique pour booster l’estime de soi

Facebook Poppey

Finies les longues discussions allongé(e) sur le divan de votre psychologue préféré(e) chaque mardi après-midi ! Facebook peut dorénavant être utilisé comme un outil thérapeutique à part entière pour lutter contre l’anxiété sociale et répondre aux besoins émotionnels et relationnels qui ne sont pas satisfaits dans le monde réel.


On le sait, le soutien des autres (proches, amis ou connaissances) peut aider à diminuer les troubles de la phobie sociale et généralement, plus on se sent entouré(e), plus on a de chances de se sentir bien. L’utilisation des réseaux virtuels a aujourd’hui gagné une place prépondérante où la socialisation est clairement reconnue et c’est pour cela que j’ai trouvé intéressant de me pencher sur le mastodonte qu’est Facebook, sous un aspect plus psychologique. Attention, je ne compte pas du tout aller dans cette voie-là dans le futur, mais je pense que chacun d’entre nous pourra s’y retrouver (un peu ou beaucoup, selon la génération) et pourra partager un peu de son expérience.

« Facebookothérapie », quésako ?

Avant d’établir le champ d’action de la « Facebookothérapie », il est de bon usage de pouvoir définir ce nouveau mot. Précurseur des définitions « urbaines » par excellence, le site internet http://www.urbandictionary.com y a depuis belle lurette donné un sens et l’explique ainsi comme suit :

« On parle de Facebookothérapie quand une personne utilise Facebook, à travers ses multiples fonctions, pour véhiculer ses frustrations ou ses pensées. Cette pratique peut ainsi être apparentée à une thérapie classique avec un psychiatre ».

Sera-ce le prochain mot que l’Académie française rajoutera au dictionnaire ?! En tout cas, cette définition « moderne » a bien sa place dans le monde actuel et montre bien à quel point les médias sociaux comptent aujourd’hui plus que jamais puisqu’ils sont de plus en plus utilisés de manière tout à fait naturelle en tant que remède ou souffre-douleur.

La Facebookothérapie et son environnement :

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Quand on parle de thérapie, c’est généralement qu’il y a un problème à résoudre. Selon une étude américaine menée par le psychologue Joshua Hart du Union College (http://www.union.edu/), les personnes de nature anxieuse, c’est à dire qui se sentent généralement peu sécurisées dans leurs relations interhumaines, ont tendance à être plus actives sur Facebook. Celles-ci publient de manière extrêmement fréquente, mettent à jour leurs statuts ou encore « likent » une publication/photo dans l’espoir d’attirer l’attention. Elles sont également nettement plus sensibles aux feedbacks et ont de ce fait tendance à se sentir mieux par rapport à elles-mêmes lorsqu’elles reçoivent des commentaires positifs ou des « likes ». Dans le cas contraire, elles ont alors tendance à se sentir moins bien lorsque leur activité sur Facebook génère peu d’attention et d’interactions. C’est dans cette perspective que prend tout son sens l’application de cette nouvelle forme de thérapie sur Facebook.

Emettons toutefois une réserve, car les personnes extraverties ont également tendance à être aussi très actives sur Facebook, mais la finalité est différente puisqu’elles recherchent avant tout à satisfaire leur égo, un nombrilisme bien connu et caractéristique de l’utilisation des réseaux sociaux d’aujourd’hui.

Exposition sur Facebook : de la liberté au terrain miné

Depuis son ouverture au public en septembre 2006, l’utilisation de Facebook a beaucoup changé mais ses utilisateurs également. Aujourd’hui plus de 1,4 milliard, ceux-ci ont dû, par la force des choses et au fil des années, adapter leur utilisation du réseau social. Avant, Facebook s’apparentait plutôt à une boîte de nuit où les jeunes pouvaient danser, boire et flirter avec leurs amis en toute quiétude, mais c’est alors que les parents et patrons ont débarqué et que beaucoup ont commencé à considérer ce réseau comme un terrain miné où chaque faux-pas pouvait être socialement fatal. Aujourd’hui d’ailleurs, près de 55% des parents suivraient l’activité de leur enfant sur Facebook et le même pourcentage des employeurs déclare avoir refusé engager une personne après avoir consulté son profil. On le sait, il est pourtant très facile de contrôler ses contenus et le simple fait de prendre du temps à les configurer peut permettre d’éviter de fâcheux désagréments.

TOP 5 des effets thérapeutiques de Facebook :

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Que ce soit pour le meilleur ou pour le pire, que chaque personne y soit inscrite ou non, personne ne peut échapper à l’empire Facebook. C’est dans cet environnement-là que cette nouvelle forme de thérapie a pris son envol car les gens ont évidemment compris qu’elle était bien moins chère qu’une thérapie classique mais surtout tout autant efficace. Certains thèmes évoqués sur le réseau apportent aujourd’hui une véritable plus-value à l’expérience humaine et la plateforme est devenue inévitablement une véritable mine d’or d’informations en tous genres avec son lot d’effets thérapeutiques, dont voici le top 5 :

1. Un moyen de guérison/réhabilitation

Surmonter un décès. Sur Facebook, le profil d’une personne décédée peut passer en mode « mémorial » si la famille ou les amis fournissent au réseau social un certificat de décès. Certaines sections du profil sont alors supprimées et la personne est retirée des groupes auxquelles elle appartenait. C’est alors à ce moment-là que des groupes et/ou forums de discussions peuvent se créer pour faire le deuil du défunt ou tout simplement se souvenir de lui.

Surmonter un accident. Les personnes touchées par un accident grave qui atteint le cerveau ou la mobilité doivent savoir combien celui-ci a eu un effet terrible sur leur vie sociale. Après la blessure, il devient beaucoup plus difficile de sortir et de rencontrer de nouvelles personnes, mais il est encore plus difficile de maintenir des relations anciennes. Le réseautage social peut alors jouer un rôle important dans le rétablissement du contact avec le monde extérieur.

2. Un coup de pouce pour l’estime de soi

Simplement publier ou alors changer souvent de photos de vous et vous serez alors inondé(e) de commentaires de gens qui vous disent combien vous êtes beau/belle, magnifique et paraissez jeune. Facebook devient alors un véritable coup de pouce pour l’estime de soi qui peut permettre d’être mieux accepté(e) dans la sphère sociale.

3. Une manière de se purifier l’esprit

N’avez-vous pas déjà remarqué que certaines personnes publient des statuts à la troisième personne pour exprimer leur colère/tristesse envers quelqu’un ? Cette personne n’est alors pas directement pas visée, mais à coup sûr concernée. Le statut est ensuite supprimé après quelque temps, comme si de rien n’était. On parle alors de nettoyage psychologique.

4. Une opportunité de connexion

Facebook laisse aux gens la possibilité d’exposer leurs pensées les plus profondes et les plus intimes et de les partager avec plusieurs centaines ou milliers de personnes. La plupart des étudiants voient leur nombre d’amis sur le réseau comme un indice de popularité. Plus la personne a d’amis, plus on imagine alors qu’elle a une vie amicale riche et une activité débordante.

5. Un moyen de tourner la page

Pour beaucoup, l’officialisation d’une relation passe par le réseau social. Mais tout le monde n’a pas envie d’exposer sa vie sentimentale aux yeux de tous. D’ailleurs, près de 50% des utilisateurs ne le font pas. Pour le 50% restant, le simple fait de pouvoir passer d’un statut « en couple » à « célibataire » leur permettent d’entamer le processus de deuil de la relation et de recueillir la compassion des autres.  

Le bouton « J’aime pas », une frein à la Facebookothérapie ?

La course aux « likes » est pour certains une activité à part entière et le fait de ne pas faire l’unanimité peut en affecter plus d’un. Mais peut-on vraiment satisfaire tout le monde ? Mark Zuckerberg l’a dit, il veut que les utilisateurs puissent s’exprimer librement, mais le bouton « j’aime pas » n’est pas quelque chose qu’il veut envisager pour le moment. Il craint en effet que celui-ci se transforme en mécanisme de votes pour juger le contenu publié et que cela puisse prétériter les gens, mais surtout les annonceurs publicitaires. Si cette option supplémentaire n’est finalement pas prête à voir le jour pour le moment, il sera en revanche question d’approfondir les sentiments et de voir dans quelle mesure il est possible d’exprimer l’empathie, la surprise ou encore le rire.

Limites de l’utilisation de Facebook en tant qu’outils thérapeutique

Vous l’aurez compris, ces différentes formes de thérapie ne relèguent pas la vie réelle au second plan, mais elles la complètent en donnant tout simplement plus de leviers sociaux aux personnes désireuses de se sentir mieux valorisées sur cette chère planète terre.

Si certains thérapeutes conseillent l’utilisation de ce réseau, d’autres en revanche mettent en garde son utilisation. Un centre de santé mentale au Mexique a d’ailleurs lancé la campagne « Mettre votre vie sur Facebook n’est pas une psychothérapie ». Cette initiative fut une première dans ce pays et a permis de recueillir des données pour apprendre comment les utilisateurs exprimaient leurs sentiments sur le réseau et dans quelle mesure la plateforme était utilisée comme une thérapie de substitution. La campagne était d’autant plus signifiante lorsque l’on sait que le Mexique est un pays sensible et que de nombreux enlèvements ont lieu chaque année. Les personnes vulnérables qui parlent de manière ouverte de leurs vies encourent alors des risques élevés.

Spécialistes des médiaux sociaux que vous êtes, vous aurez sûrement encore plus de notions ou de vécus à apporter à cet article. Le thème abordé est actuellement au centre des attentions et il le deviendra sûrement encore plus dans le futur. D’ailleurs, la plupart des études proviennent du continent américain, ce qui laisse libre champ à nos chercheurs européens pour en développer d’autres ou pour approfondir certaines notions encore peu exploitées. Affaire à suivre…

 

Sources :

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