Les syndics du canton de Vaud sont-ils présents sur les réseaux sociaux ?

A la suite de mon article sur « les villes suisses et leur présence sur les réseaux sociaux » j’ai décidé me pencher sur nos syndics (maires) du canton de Vaud et leur manière de communiquer. J’ai sélectionné trois réseaux sociaux, soit : Facebook, Twitter et LinkedIn. Et surtout, j’avais envie de savoir si nos syndics y étaient présents et actifs.

2015 est une année haute en couleur et mouvements dans le canton de Vaud car les élections des syndics se ferent début 2016 (17 avril 2016, 1er tour et 8 mai 2016 2e tour, à condition qu’il y ait une élection).

Rappelons que 3 millions de personnes en Suisse sont sur Facebook et qu’il y a 5 millions de personnes qui peuvent voter (dont 1’400’000 de personnes sont âgés de 35 ans et plus). Aussi, les réseaux sociaux ne sont pas à négliger.

Aujourd’hui, un élu ne peut se permettre de délaisser ces canaux de communication. Bien entendu, il gardera une communication institutionnelle et directe qui sont importantes dans la politique.

Chiffres_rs_suisse

J’ai choisi ce thème par intérêt personnel, en lien avec mon travail. Le but de cet article n’est pas de pointer du doigt telle ou telle personne, mais d’observer, sans jugement. J’utilise le masculin (syndic…) afin que la lecture soit plus fluide.

Préambule

Je me suis focalisée sur les syndics représentant les 16 villes du canton de Vaud.

Mes questions sont :

  • Sont-ils sur les réseaux sociaux, si oui, lesquels ?
  • Sur quel thème communiquent-ils ?
  • Est-ce que les personnes (abonnés, followers, amis, fans) interagissent ?
  • Est-ce que l’élu modère ses posts (tweets, articles) ?

Présence sur un réseau social

 Quels sont les avantages pour un élu ?

  • Être présent sur un ou des réseaux sociaux permet une proximité 24h/24 avec ses followers.
  • Obtenir des retweets est un bon moyen de prendre la température sur certains projets.
  • Se rendre visible auprès des journalistes qui suivent énormément les réseaux sociaux. «Aujourd’hui, un tweet peut suffire à se faire inviter à la radio ou à la télévision. Peu importe si vous êtes un politicien déjà aguerri ou un jeune qui fait ses premières armes. Les réseaux sociaux sont une caisse de résonance très importante, en particulier Twitter, très utilisé par les journalistes», souligne Magali Philip dans l’article de Daniele Mariani « Twitter, Facebook & Co. s’immiscent avec peine dans la politique suisse ».
  • Se démarquer un peu plus des autres.
  • Être présent sur les médias sociaux permet de faire de la veille sur notre nom.

Quels sont les inconvénients ?

  • Connaître le langage et les codes utilisés sur les médias sociaux et ne pas communiquer sur un ton institutionnel.
  • Se faire attaquer directement, et que cela soit visible par tous.
  • Être présent sur les réseaux sociaux peut être chronophage.
  • Savoir modérer car les médias sociaux ne sont pas une vitrine mais un réseau SOCIAL.
  • Il faut faire attention à ses propos car un tweet mal formulé (même s’il est supprimé par la suite) sera vite relayé plus loin (les captures d’écran sont les ennemis dans ce cas-là, et vive le bad buzz !). L’exemple de Doris Leuthard le démontre.

Doris_leuthard_tweet

Alors, présent ou pas ?

Syndics_photos_présence_version2

Au fil de mes recherches, je me suis rendue compte que je ne pouvais mentionner comment telle ou telle personne communiquait sur ses médias sociaux. J’ai pris en compte que ce n’est pas leur métier bien que ce ne soit pas une excuse pour négliger leur communication.

Quelques chiffres

Graphique_présence_taux

Nous constatons que 62% des élus sont sur les réseaux sociaux.

LinkedIn: Cette plateforme ressort du lot par son taux de 56% de présence, avec 9 élus.

Facebook: Avec 43% de personnes présentes sur ce réseau, 10 élus sont actifs sur ce réseau, dont 3 ont un profil non public.

Twitter: 7 personnes présentes sur ce réseau représentent ainsi 43% de présence sur ce réseau.

Combien sont présents sur les 3 réseaux sociaux ?

62% de présence. J’ai enlevé les 2 syndics qui n’avaient qu’un compte Facebook, étant donné que ce dernier n’est pas public.

Réponse aux questions

Pour revenir aux questions que je me suis posée au début de l’article, voici en bref résumé mes réponses.

Mes questions étaient :

  • Sont-ils sur les réseaux sociaux, si oui, lesquels ? Certains élus s’y trouvent, mais il y en a peu.
  • Sur quel thème communiquent-ils ? Certains utilisent leur profil Facebook d’une manière professionnelle mais d’autres comme un compte privé. Les différents thèmes traités sont : article sur la ville, visite du syndic sur un projet, tags d’autres élus, photos du syndic après une conférence, spams.
  • Est-ce que les personnes (abonnés, followers, amis, fans) interagissent ? Sur Facebook les « amis » réagissent souvent surtout si les posts parlent de la ville du syndic. Sur Twitter, il y a peu d’engagement, voire aucun.
  • Est-ce que l’élu modère ses posts (tweets, articles) ? Les élus modèrent très peu, voire pas du tout.

Tout au long des différents profils visités, je me suis vite rendue compte qu’aucune ligne de communication n’a été mise en place chez la plupart des élus.

Conseils

Je finirai cet article par donner quelques conseils utiles à nos élus (ou futurs élus).

  • Se faire conseiller et décider d’une ligne de communication. Ne pas oublier que ce n’est pas un compte privé mais au contraire très public, avec une gestion en conséquence. Voici un exemple d’une élue Esther Alder, maire de Genève qui gère très bien sa communication sur Facebook. Dès le début de son mandat, en juin 2015, elle a souhaitait être proche de sa population (elle l’était déjà) et parlait de proximité. En regardant ses différents posts sur Facebook, nous voyons directement la direction prise. Le mot « proximité » ressort nettement des thèmes qu’elle met en avant. Ainsi, elle est cohérente avec ses propos en direct et sur son réseau social Facebook.

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  • Se familiariser aux codes et langages utilisés sur les réseaux sociaux, maîtriser au maximum ses comptes.
  • Mentionner ses comptes médias sociaux sur sa page web de présentation seulement si ceux-ci sont alimentés.
  • Prévoir sa communication, sachant que les élus se mettent à communiquer frénétiquement sur certains réseaux sociaux dans une période d’élection. Il ne faut pas attendre la dernière minute et ne plus communiquer par la suite.
  • Gérer son compte soi-même. Les fans veulent suivre et s’adresser directement à « leur » syndic.
  • Faire régulièrement le ménage des posts sur Facebook qui n’ont pas de lien avec le sujet. La gestion de son image est assurée.
  • Mettre en avant les projets de sa propre ville par le biais d’articles du site web officiel de la ville (qui est mobile-friendly) ou de la page Facebook de la ville.

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  • Mentionner son statut de syndic et remplir son profil sur LinkedIn de manière adéquate.
  • Utiliser la photo de couverture des trois réseaux sociaux pour passer des messages aux followers.

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  • Approcher les jeunes par le biais des réseaux sociaux, Twitter par exemple. On dit les jeunes peu intéressés à la politique mais un sondage effectué fin 2014 par la Confédération suisse et divulgué en juin 2015, contredit cela.
  • Alimenter un blog. Lyonel Kaufmann, syndic de la Tour-de-Peilz utilise très bien cette plateforme (voir son blog). Cela permet de relayer ses prises de position sur ses différentes plateformes.
  • Poster des photos sur Instagram est un bon moyen d’être proche des gens (ne pas oublier les hashtags adaptés). Les photos peuvent être remontées sur son propre compte Facebook.

Depuis peu, un nouveau réseau est apparu, pas encore très connu de la plupart des gens en Suisse, excepté dans le milieu de la communication, c’est Periscope.

Clément Pellerin explique ce qu’est Periscope et les 7 questions indispensables à se poser pour construire sa stratégie social-média sur ce réseau.

Il permet de faire une vidéo qui peut être visionnée en direct par les followers qui sont sur Periscope. L’information est également relayée sur Twitter. Au début, j’étais très emballée par ce nouveau réseau qui me semblait utile pour les élus par son côté proximité et direct, ce que nous recherchons la plupart du temps. Mais au fil des semaines, j’ai vu les inconvénients de cette plateforme, c’est-à-dire, la qualité du son qui n’est pas efficace lorsque nous nous trouvons dehors, par exemple pour une interview. De plus, le côté direct de la vidéo, ne permet pas de cadrer si un follower dépasse les bornes et pose parfois des questions écrites non adaptées au sujet. Cela peut vite dégénérer et nous ne nous souviendrons que de ces dérapages et non du sujet traité par l’élu. La cote de popularité d’un syndic peut ainsi vite s’envoler.

Nicolas Sarkozy en a fait les frais en souhaitant être à la pointe de la technologique en diffusant en direct un discours (voir l’article du Slate paru le 29 mars 2015 « Une victoire pour la droite aux départementales, mais pas pour Nicolas Sarkozy sur Periscope ».

Il vaut mieux ici utiliser une caméra, où l’image sera de meilleure qualité et qui restera visible sur les plateformesle temps voulu (Periscope ne permet de revisionner la vidéo que pendant 24 heures, ce qui fait son côté instantané, qui peut être, bien entendu, très intéressant suivant le sujet traité). Mais à voir, selon l’évolution de Periscope.

Je finirais cet article en conseillant aux élus, de :

  • regarder la manière dont communiquent leurs confrères adeptes de réseaux sociaux ;
  • s’en inspirer tout en y ajoutant sa touche personnelle ;
  • rester humain ;
  • d’oser se lancer, tout en cadrant bien sa communication et en s’entourant de gens compétents dans le domaine (un élu ne peut pas tout savoir faire !).

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N’oubliez pas: « les paroles s’envolent, les écrits restent », de Caius Titus.

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