Les crèches connectées aux réseaux sociaux en Suisse Romande

Crèches et réseaux sociaux en Suisse Romande, une histoire naissante

En tant que parents, vous cherchez à contrôler l’image de vos enfants sur les réseaux sociaux. Mais paradoxalement, vous aimeriez trouver sur le net la réponse à des questions telles que : « mon enfant est-il en sécurité dans cette crèche, est-il heureux » ?
Alors, est-il pertinent pour une crèche ou une école d’être présente sur les médias sociaux ? Ou est-ce dangereux ?

Une plongée dans le monde naissant des crèches en ligne

Dans la vie d’un nouveau parent, arrive ce moment fatidique, où l’on doit se résigner à faire garder son enfant par un tiers. Premier reflexe de parent connecté : la recherche de renseignements en ligne et première déception : un no-man’s land.
Est-ce parce que ce n’est pas pertinent ? Est-ce par soucis de protection de la sphère privée ? Est-ce par manque de ressources ?

Parlons Objectifs

« Pour être efficace, la présence en ligne doit répondre à des objectifs stratégiques. »

Cédric Deniaud, Fondateur et Directeur Général, The Persuaders

Pour les crèches privées, la présence en ligne peut répondre à l’objectif de notoriété et sa conséquence directe : un plus grand nombre d’inscriptions. En effet, lorsqu’il s’agit des crèches privées, les parents peuvent inscrire leur enfant dans l’établissement de leur choix. Le premier critère est géographique. Mais, dans les zones géographiques où l’offre est grande (comme Lausanne), beaucoup d’autres critères entrent en lice : la sécurité et le bien-être de l’enfant, la flexibilité et l’amplitude des horaires, le projet pédagogique, etc. Ainsi, une crèche qui saurait utiliser et démontrer ces arguments en ligne augmenterait ses chances d’être sélectionnée.

Pour les crèches publiques, les parents n’ont pas le choix de l’établissement. Il leur est imposé par la commune. Toutefois, il est toujours possible pour les parents de préférer un autre mode de garde (Maman de jour, garde partagée). Surtout s’ils ne sont pas assurés que les critères évoqués plus haut seront satisfaits. Ainsi, la présence en ligne des crèches répond à un objectif de rétention des familles par l’information et la réassurance. Par exemple, un parent voudra connaître le projet pédagogique d’une crèche, même si elle lui est imposée.

Dans les deux cas, on pourrait imaginer également l’utilité des réseaux sociaux pour le recrutement de personnel ou l’exécution de tâches administratives telles que la gestion des inscriptions.

La présence en ligne des crèches et écoles paraît légitime au regard de l’objectif de notoriété pour les crèches privées et le double objectif d’information et de réassurance pour les crèches publiques.

Parlons Public Cible

« Déterminez votre public ciblé, votre audience à toucher. »

Clément Pellerin, Conusltant Social Media, clementpellerin.fr

Le public cible – les parents d’enfants en bas âge – est-il, pour autant, intéressé par cette présence en ligne ?

La communication sur les réseaux sociaux ne sera efficace que si la cible est connectée et s’intéresse à ces modes de communication. Les crèches hébergent des enfants de 3 mois à 5 ans. La communication s’adresse donc aux parents, dont on peut estimer que la majorité est âgée de 28 à 40 ans. Or, 97,2% des Suisses de cette tranche d’âge sont connectés et 88,9% des Romands ont un compte Facebook.

Les prospects, parents d’enfants non scolarisés, iront certainement consulter les médias sociaux : forums, groupes Facebook, Twitter, pour obtenir de l’information de leur pairs.

Faute de données fiables existantes, j’ai effectué un sondage auprès de parents pour connaître leurs besoins. Et, sans surprise, la grande majorité d’entre eux souhaite recevoir de l’information administrative et découvrir la vie de la crèche en ligne au moins une fois par semaine.

Les crèches devront donc satisfaire les besoins d’information des prospects, tout en respectant la sphère privée des enfants.

Se pose alors la question de la sphère privée

« Il faut veiller au respect de la personnalité numérique, à plus forte raison, s’il s’agit d’un enfant. »

Stephane Koch, conseil et formation en stratégie digitale, intelligentzia.ch 

L’aspect qui prête le plus à polémique est la publication de photos d’enfants sur les réseaux sociaux. Il est évident que, tout comme pour un adulte, les droits personnels de l’enfant doivent être respectés. De plus, la volonté des parents doit impérativement être prise en compte. Il faut canaliser la personnalité numérique des enfants qui se crée à l’apparition de leur image sur les médias sociaux. La reconnaissance faciale fait des progrès et il sera certainement facile d’identifier un visage d’enfant dans un futur proche. La police de Hagen en Allemagne rappelle que les photos d’enfants peuvent être détournées.
De plus, se pose la question de la propriété de l’image, puisque nous accordons à Facebook « une licence non exclusive, transférable, sous-licenciable, sans redevance et mondiale pour l’utilisation des contenus de propriété intellectuelle que (nous publions) sur Facebook », selon les conditions d’utilisation que nous avons acceptées.

Ainsi, le contrôle sur les images d’enfants en ligne est mince et la publication de photos d’enfants de face est délicate.

Mais une multitude d’autres contenus « neutres » peut être partagée sur les réseaux sociaux pour atteindre les objectifs et la cible.

Une question de ressources ?

Les crèches romandes manquent-elles de ressources pour créer du contenu en ligne ?

On constate que les crèches et écoles de 48% des participants au sondage animent un site internet. En utilisant le listing des crèches du Bureau d’Information aux Parents de la ville de Lausanne, je constate que moins de 20% des crèches publiques ont tenté timidement l’aventure numérique avec un site internet. Mais aucune n’utilise de réseau social.
Les crèches privées sont plus téméraires : les P’tits Rusés, Cap Canaille et Educalis, par exemple, animent des comptes Facebook et LinkedIn en plus de leurs sites internet.

L’animation régulière des réseaux sociaux est chronophage et requiert des compétences spécifiques de community management. On peut donc légitimement penser que les crèches publiques utilisent différemment leurs ressources et communiquent avec les parents par d’autres canaux. On constate d’ailleurs que 36% des structures d’accueil ne communiquent avec les parents que par papier ou oral.

Conclusion

L’usage des réseaux sociaux est pertinent pour les crèches et écoles, mais restons prudents : la stratégie de communication en ligne doit répondre à des objectifs précis et respecter scrupuleusement l’image des enfants.

Gageons que nos crèches romandes n’iront jamais aussi loin que les anglaises qui ont osé la crèche-réalité avec The Secret Life Of Four-Year-Olds :

Pour aller plus loin :

Cas d’étude

Pour donner un exemple de présence d’école sur les médias sociaux, regardons ce qui se fait ailleurs. L’école Blue School de New York est une école élémentaire à New York. Elle est présente sur Facebook, Twitter et Instagram depuis quelques années.

Présence Facebook :
Blue School NYC, un exemple d'école connectée – 2735 mentions j’aime
– Posts Facebook en période scolaire : 1 à 4 post par semaine
– Contenus très variés :
° la vie de l’école (ateliers d’écriture, sorties scolaires, … )
° informations administratives (rentrées, journées portes ouvertes, … )
° articles de presse
° deux à trois événements par an
° images : des réalisations d’enfants, de professeurs, des photos d’ambiance, photos d’enfants

Présence Twitter :
Twitter Blue School NYC
– pseudo en cohérence avec le nom de page FB : @BlueSchoolNYC
– communauté de 1688 abonnés peu engagés (peu de RT ou Fav)
– beaucoup de contenu relayant le site et les comptes Facebook et Instagram
– quelques contenus spécifiques à Twitter avec mentions d’autres utilisateurs
– peu de hashtags

Présence sur Instagram :
Instagram Blue School NYC

– réalisations d’enfants
– créations de professeurs
– photos d’ambiance
– photos d’enfants
– reprise des informations site, FB et Twitter en photos

 

 

Questionnaire Accueil Enfants Crèche

Questionnaire : l’accueil des enfants et les réseaux sociaux

Et vous, que pensez-vous de l’usage des réseaux sociaux par les crèches et écoles ?

Donnez votre avis

 

4 réflexions sur “Crèches et réseaux sociaux en Suisse Romande, une histoire naissante

  1. Jean dit :

    Article intéressant, en tant que parents il vrai que j’apprécie la présence Facebook de la crèche privée de mon fils celle-ci postant régulièrement des informations sur les activités à venir, sur la partie administrative, sur les périodes de fermeture ainsi que des photos des enfants (ne laissant pas apparaitre leurs visages mais en bon parent on arrive toujours à reconnaitre nos bambins).
    Comme le fait ressortir l’article tous les parents que j’ai pu croiser utilise ce biais pour rester informé et cela créé même une dynamique intéressante entre les parents dans l’organisation de gouter d’anniversaire ect ..
    C’est d’ailleurs online que nous avions remarqué cette crèche.
    Sur les autres media sociaux je reste partagé linkdin, twiter ne voyant pas vraiment l’intérêt pour les crèches et les parents mais Facebook et un site web sont à mon sens indispensable si ce n’est pour la notoriété en tout cas pour l’information qui au final nous rassure grandement.

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