Les histoires d’amour finissent … sur les réseaux sociaux

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1. A la recherche de l’autre


Les histoires d’amour finissent … sur les réseaux sociaux

Élevée avec les histoires d’amour… On a toutes pensé qu’un jour notre prince viendrait.

Enfin J’AI pensé ( c’est de mon âge) pas sur son cheval blanc mais dans une jolie voiture. Après on a pensé qu’il pourrait être ce prof d’uni, organisateur de fête pseudo-estudiantine ou encore gérant d’une boîte branchée de la ville où les filles rentrent plus facilement que les . On se rencontrait, échange de numéro de téléphone – fixe, à l’époque bien sûr – et ça fonctionnait, ou pas.

Et puis Internet est arrivé, avec son élargissement du monde, donc des rencontres. Et les réseaux sociaux. qu’en est-il aujourd’hui ? Selon Le Monde , les réseaux sont utilisés pour se rencontrer.

Une enquête de l’Institut national d’études démographiques (INED), publiée mercredi 10 février, fournit les premières statistiques fiables sur l’amour en ligne en France. Le phénomène est ainsi ramené à ses justes proportions.

Comment en irait-il autrement ? Mais pas tant que ça. Moins de 9 % des couples se seraient rencontrés sur un site ou un réseau social.

C’est une minorité significative, mais ce n’est pas devenu un mode de rencontre durable dominant

Et Internet vient en 5e position, seulement, des moyens de rencontre, bien après le travail, les fêtes, les sorties, les amis, etc. Mais son usage se répand et se démocratise, même si les jeunes sont les plus nombreux à utiliser le net comme moyen de rencontre : 26 % des 26-30 ans, soit trois fois plus que la moyenne.

 

2. Les outils – bref survol

 

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Naturellement Facebook est au premier rang. Mais c’est presque de l’histoire ancienne. En effet, Facebook n’a pas été conçu comme ça. Sa dimension universelle et généraliste le pénalise parfois comme outil de rencontre. Et il n’est pas toujours adapté comme instrument de rencontre le plus apte à répondre aux attentes des utilisateurs d’aujourd’hui.

D’autres réseaux comme Momo (en Chine ) ou Hallabook ( page Facebook pour les musulmans) proposent des services plus ciblés. C’est alors une cible géographique ou religieuse qui est mise en avant. En effet, à quoi bon rencontrer le monde entier sur Facebook quand on sait qu’il faudra passer, un jour, à la vraie vie. Et qu’une rencontre aux antipodes, qu’elles soient géographiques ou religieuses, est toujours difficile, voire en fait impossible. Il vaut dès lors mieux se recentrer sur sa proximité – nationale ou culturelle, pour rendre les choses possibles ou maximiser ses chances. Même chose en ce qui concerne la distance sociale, d’où le succès des sites et instruments proposant des rencontres socialement ciblées permettant à l’internaute de se concentrer sur son milieu social.

 

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C’est le réseau qui est censé permettre de trouver l’homme/femme de ma vie ou un bon plan «cul» pas loin de chez moi. En clair c’est une application gratuite de réseautage social, créée en 2012, liée à la géolocalisation instantanée. C’est une appli en ligne bling-dating : je m’inscris et je rencontre des personnes pas loin de chez moi. Ensuite c’est assez simple sur l’écran, je matche ou pas une photo ( peu ou pas de texte) et , …on y va!

Et tous les autres

Et il y en a d’autres :

  • Pure, le « Uber du dating »
  • Tastebuds qui réunit des personnes ayant les mêmes goûts musicaux
  • Stitch, le Tinder des séniors
  • Align, qui sélectionne des profils correspondant à notre « Karma cosmique »…
  • Once qui propose à ses membres un seul profil par jour avec 24 heures pour se décider.

Etc, etc. L’imagination est ici infinie pour trouver un angle original, se démarquer ou viser une cible particulière.

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Par exemple, le top 10 des rencontres musulmanes :

Ou encore …

Ou chinoises 

En bref, un monde où les utilisateurs se comptent par millions, voire plus.

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3. Ca change tout … mais

Peut-être que ça change. En effet, on peut rencontrer n’importe qui, n’importe quand, n’importe où : 150’000 fans pour halalbook sur facebook, 78 millions d’utilisateurs actifs pour Momo en Chine, un chiffre en constante progression ( 180 millions de célibataires en Chine, tout un monde…), près de 10 millions d’inscrits en 2015 pour tinder. Le nombre des utilisateurs – et donc d’amoureuses et d’amoureux potentiels – peut faire perdre la tête des personnes en mal de rencontre. Tous ces célibataires qui n’attendent que moi…

Et puis, c’est rapide : tous ces gens n’attendent que moi et en quelques minutes – global communication, j’ai des amis partout. Sauf que comme dans le monde virtuel, il se peut que certains ne me plaisent pas ou pire, que je ne leur plaise pas et encore pire que ce soient de menteurs, ou pire des …serials killers.

Et puis c’est un grand mélange propre à dépasser les barrières traditionnelles, à me permettre d’aller au-delà du cercle traditionnel de la machine à café de la boîte. L’ambition affichée : demain tout le monde rencontre tout le monde. Mais, rencontrer un chinois, c’est compliqué… De même, les barrières sociales sont encore plus étanches que les barrières nationales : il y a longtemps que les Suisses cherchent à épouser des Russes, Ukrainiennes ou Mauriciennes. Mais un banquier a toujours peu de chances de s’éprendre d’une caissière de supermarché.

Une autre limite : les réseaux fonctionnent à l’image, souvent superficielle. J’évite de trop parler. Le truc c’est de montrer mon image, pas de contenu, de l’image. Mais une image réelle, exit les anciens sites de rencontre ou on pouvait rencontrer un homme de 70 ans qui disait en avoir 40 ( photo à l’appui) et être désillusionnée. Vraiment ? La rencontre est directe, peut devenir violente, mais au fond rencontrer quelqu’un dans une soirée chez des amis et se rendre compte quelque semaines plus tard qu’il avait déjà une, deux ou trois autres vie ça n’existe pas ? Le danger c’est l’instantanéité. Comment peut-on revenir en arrière, comment empêcher les autres d’avoir accès à mon intimité. Oui, je peux mettre mes messages en privé, mais pas sur tout les sites et surtout, une plateforme d’échange est un lieu ou on partage alors … ?

 

4. … mais pas vraiment

La multiplication et la spécialisation des réseaux sociaux dédiés aux rencontres montre d’abord qu’il y a un marché et qu’il n’est aujourd’hui qu’imparfaitement satisfait. Elle montre aussi que les réseaux cherchant à se positionner sur ce marché doivent répondre aux attentes de ses clients :

On cherche d’abord la proximité géographique : c’est plus simple de se donner rendez-vous au coin de la rue qu’à Shanghai lors du premier rendez-vous, incontestablement.

On cherche aussi la proximité sociale et culturelle : on se rencontre dans la même religion, on se cherche des points communs. Et on reproduit les schémas traditionnels : s’il arrive souvent que le médecin épouse l’infirmière, l’inverse est plus rare. Alors la plombière…

Et puis l’incertitude reste, avec ses découvertes et ses déceptions. S’il est un domaine que les algorithmes de l’internet et du Big data a de la peine à modéliser, c’est bien celui de la rencontre amoureuse. Qui mettra en équation l’agacement, et la répulsion, découlant d’une mimique ou l’attirance irrépressible suscitée par un simple geste ? Il semble que ce ne soit – heureusement – pas pour demain.

Surtout qu’après les réseaux sociaux et les rencontres virtuelles, il vient forcément un moment où il faut passer au monde réel. C’est alors que les faux semblants tombent, que les apparences se dévoilent.

Avec Internet, c’est tout le processus de séduction, rituel nécessaire à la rencontre amoureuse, qui est chamboulé. Alors que la rencontre physique nous permet de « sentir » l’autre, de vérifier si une alchimie est possible, les échanges virtuels empêchent tous ces préliminaires d’avoir lieu.

Et que la vraie personne apparaît derrière son image idéale soigneusement construite sur Facebook, Halalbook, Once, etc. (biffer ce qui ne convient pas).

« Sur Internet, on fait des rencontres mais on n’établit pas de relations. Pour créer une relation, il faut se confronter à la réalité afin d’actualiser et valider les informations échangées dans le virtuel. La rencontre permise par Internet est une rencontre irréelle constituée d’un ensemble de projections : on projette sur l’autre nos peurs, nos désirs, nos attentes… »

 

La preuve : se rencontrer vite …

mais c’est difficile

On l’a dit, les réseaux sociaux cherchent à s’adapter. Il serait dommage de laisser passer un tel marché ! Alors pour éviter d’être la victime d’un tueur en série, ou pire d’un déclassement social, certains réseaux m’offrent la possibilité de rencontrer des gens «comme moi» beaux, jeunes , intelligents et riches dans le désordre. Ou alors protestants, intellos, séniors ou plombiers polonais(segmentation du marché comme pour les produits de beauté parce que je le vaux bien!). Bien vu, mais insuffisant.

On peut sans doute penser que ce mouvement va s’amplifier et se développer. Il en va notamment d’une question économique : il y a là un marché à occuper. Mais l’économie joue aussi sur un autre plan : à l’heure des entrées en bourse, du cours de l’action scruté à chaque minute, les réseaux sociaux cotés au Nasdaq doivent aussi faire la preuve de leur rentabilité. Et une clientèle pré-adolescente férue de Snapchat n’est alors plus le coeur de cible. Il vaut mieux miser sur des gens plus âgés. Alors, vive la « ringardisation » de Facebook, souvent mise en évidence. C’est là, après tout, que se trouvera le client solvable et rentable, dans le domaine du cœur comme dans les autres.

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5. C’est comme dans la vraie vie

Au final, oui les réseaux sociaux investissent massivement le domaine des rencontres amoureuses. Ou sont utilisés, voire détournés à cette fin. Et ce n’est pas près de finir. Mais avec un succès toutefois un peu limité. Et toutes les modélisations du monde auront de la peine à y changer quelque chose.

Les technologies sociales d’une société hyperindividualiste produisent paradoxalement les conditions d’une nouvelle « connectivité », agrégeant des « solitudes collectives » (D. Wolton)

Les outils changent, les moyens se développent, de nouvelles démarches apparaissent. Mais cela ne change pas en profondeur la nature de la rencontre et sa dimension mystérieuse. Si les outils changent, pas les gens…


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Autres références :

http://www.scienceshumaines.com/rencontres-sur-internet-l-amour-en-revolution_fr_14037.html

http://www.huffingtonpost.fr/melani-robinson/experience-rencontres-internet_b_2776179.html

 

Lausanne, le 16 mai 2016

 

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