Maladie 2.0: Les réseaux sociaux ont-ils engendrés la selfite?

Je m’affale dans mon canapé, un mojito dans une main, mon smartphone dans l’autre. J’allume la télévision et je prends un selfie que je poste avec ce commentaire: « Cheers les gringos! »

Tout en zappant, je retouche cette superbe photo de moi avec mon mojito en y ajoutant de la lumière, des filtres et, au passage, en effaçant cette verrue McDo attrapée la veille. Puis, je la poste sur Instagram avec #Bellavista #Mojito #Weekend #Cheers!

Moins de cinq minutes après la publication, voilà déjà 17 likes sur mon compte Facebook et 6 coeurs sur Instagram! Sourire béat, j’envoie la story de ce fabuleux début de weekend sur Snapchat avant de rejoindre mon pote @Jerem sur Periscope

Des gestes automatiques, quotidiens, normaux, tout comme jouer à Minecraft ou Warcraft.

Je m’appelle Fred, je suis un homme de vingt-trois ans, toujours sel(fie)bataire, et j’aime ma life.

Fred, le protagoniste de cette petite fiction, si l’on en croit les dires de l’American Psychiatric Association (APA), serait atteint de selfite aiguë, dont l’explication se trouverait dans l’addi(c)tion selfies + réseaux sociaux. Allons à la rencontre de cette maladie 2.0.

Tout d’abord, c’est quoi exactement un selfie?

En recherchant « selfie » sur Internet, Google me donne ce chiffre vertigineux: « environ 188’000’000 de résultats ». A mon soulagement, je trouve rapidement la définition du dictionnaire d’Oxford, ouvrage de référence de la langue anglaise:

« Une photographie de soi prise par soi-même, typiquement avec un téléphone ou une webcam, et partagée sur un des sites de réseaux sociaux ».

J’y apprends aussi que ce mot a été désigné mot de l’année en 2013. Voyons un peu ce que je peux encore apprendre en naviguant sur la toile:
Plus de cinquante millions de photos avec le hashtag #Selfie ont été partagées cette même année sur le seul réseau social Instagram. La fameuse photo de stars, prise par Ellen DeGeneres durant la cérémonie des Oscars en 2014, a fait un tabac sur Twitter et une profusion de photos à m’en rendre malade 1.0 a envahi la toile.

Ellen_selfie

Selfie de Ellen DeGeneres, Oscars 2014

Je zappe et tombe sur un article RTBF tendance au texte accrocheur: « Pas de vie digitale sans photo de profil. Mais comment ne pas avoir l’air d’une quiche, ou pire, d’un canard (la terrible moue « duckface » à éviter à tout prix )? « La question qui me fait sourire. Pourtant, je me surprends à essayer d’en suivre scrupuleusement les consignes. Ça vous tente d’essayer? Cliquez sur ce lien RTBF.

Vous l’aurez compris, ce phénomène a rapidement trouvé sa place dans notre quotidien et semble toucher tout le monde. Mais quel est donc le profil type de l’accro aux réseaux sociaux? J’avoue que je m’attendais à ce que ce soit une femme, mais je me suis trompé. Le site grazia.fr a mené l’enquête en 2015:

« L’amateur de selfie est un homme (à 55%), âgé de 23 ans en moyenne. S’il agit de la sorte, c’est pour immortaliser un moment particulier, pour montrer qu’il est sexy, pour partager un nouvel achat ou juste pour s’amuser. Le cliché est ensuite partagé sur Facebook (32%), par SMS (27%) ou sur Snapchat (15%) ».

L’article ne donne en revanche pas le pourcentage comparatif sur Instagram, qui est pourtant l’un des réseaux préférés pour partager ses clichés.
Force est de constater que le jeune Fred de notre scénario correspond point pour point à ce portrait-robot et qu’il reflète parfaitement son mode de vie.

Penchons-nous maintenant sur les réseaux sociaux

C’est quoi au juste? La aussi, je googlise « réseaux sociaux » et me retrouve avec 68’000’000 résultats, bien maigre moisson face à « selfie », mais tout de même…
Voici ce qu’en dit Wikipédia:

« Un réseau social est un ensemble d’individus ou d’organisations reliés par des interactions sociales régulières ».

Il est évident que, de nos jours, les interactions sociales régulières se font aussi via des systèmes informatisés de personnes interconnectées par une des applications mobiles telles que Facebook, Instagram, Snapchat ou encore Twitter, pour en citer seulement quelques-unes.

Statistique utilisateurs réseaux sociaux 2015

Nombre d’utilisateurs des réseaux sociaux en 2015 – Blogdumoderateur.com

Je grappille encore quelques chiffres qui permettent de saisir l’ampleur de cette communauté d’utilisateurs d’internet: plus de trois milliards d’internautes à travers le monde, dont plus de deux milliards seraient actifs sur les réseaux sociaux, selon une étude Facebook sur la connectivité datant de 2015. Il y aurait donc environ 40% d’internautes et près de 30% d’entre eux seraient actifs sur les réseaux sociaux dans le monde!

Impressionnant, non?

partages-reseaux-sociaux

Le partage sur les réseaux sociaux – Blogdumoderateur.com

Maladie 2.0 : La selfite

Si je m’en tiens au nombre d’actifs sur les réseaux sociaux, j’ai l’impression qu’un quart de la planète doit être atteint de selfite.

Et vous, contaminé? Le phénomène vaut bien une explication et la lecture du texte de Florian Colas, extrait de l’article repris sur le site Toolito.com que vous trouverez ci-dessous permet de mieux comprendre cette maladie 2.0.

« L’American Psychiatric Association (APA) a officiellement confirmé que la folie du selfie est directement liée à un trouble mental et qu’elle est révélatrice du caractère psychopathique d’un individu.

Lors de sa réunion annuelle du Conseil d’administration, la société américaine de psychiatrie a nommé la maladie « Selfite » et a posé un cadre pour la définir: c’est le désir obsessionnel compulsif de prendre des photos de soi-même et de les poster sur les médias sociaux. Les experts ont affirmés que l’addiction aux selfies compensait un manque d’estime de soi.

Les chercheurs ont distingués trois degrés de gravité de l’affection, à commencer par la « Selfite épisodique » ou « Borderline », pour une personne qui se photographie au moins trois fois par jour, mais n’affiche pas les photos sur les médias sociaux. La seconde est la « Selfite aiguë », pour ceux qui se photographient au moins trois fois par jour et publient leurs photos sur les réseaux sociaux. Enfin, la « Selfite chronique », concerne ceux qui ont le besoin irrépressible de prendre des photos d’eux-mêmes à toute heure et de les publier sur les réseaux sociaux plus de six fois par jour ».

Il semble bien que les réseaux sociaux sont les principaux responsables de la selfite, car ils permettent des partages en un simple clic et facilitent l’interconnexion au sein de communautés virtuelles. Fort heureusement, toutes les personnes actives sur les réseaux sociaux ne semblent pas en être atteintes!

Il est néanmoins évident que les avancées technologiques actuelles et le nombre toujours croissant de détenteurs de smartphones mettent la photographie et les réseaux sociaux à notre portée de main au quotidien et à tout instant. Comme le relève Claire Balleys, sociologue des médias et de la communication,« N’oublions pas que ces enfants sont nés avec une caméra braquée sur leur visage depuis la seconde de leur naissance jusqu’à leur maturité! »

Selfie bébé

Sommes-nous en train de jouer aux apprentis sorciers ?

Bon, moi aussi je me sers un mojito… un p’tit selfie, peut-être ?

Marc Rochat

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2 réflexions sur “Maladie 2.0: Les réseaux sociaux ont-ils engendrés la selfite?

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