Génération Z et médias sociaux : et si on voyait le bon côté des choses ?

« Une bande de fainéants collés à leurs écrans et incapables d’avoir une discussion dans le monde réel ! » rétorquent les baby-boomers (1945-1960) et la génération X (1961-1980) lorsqu’on leur demande ce qu’ils pensent de la génération Z. Et quand bien même ils avaient raison, n’existerait-il pas d’autres aspects plus positifs à tirer de cette hyperconnectivité ?

Caractéristiques d’une génération hyperconnectée

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L’analyse de Barclays sur les différentes générations // source (pour voir en grand)

Ils sont nés après 1995 (aujourd’hui âgés entre 4 et 21 ans) avec internet et ne peuvent concevoir la vie sans les nouvelles technologies qui font partie intégrante de leur fonctionnement. Oui, les « digital natives » connaissent toutes les nouveautés en ligne et se sentent plus à l’aise devant un appareil connecté qu’une feuille de papier et un crayon. Depuis leur jeune âge, ils ont pu développer un rapport intuitif avec les outils informatiques, ce qui n’est pas le cas des générations précédentes. Les trentenaires (ou presque) d’aujourd’hui, issus de la génération dit Y, ont connu le changement « avant-après internet » et ont vécu le basculement vers un monde hyperconnecté. Leur relation au digital est donc encore différente.

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VS

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Il est vrai que ce nouveau mode de fonctionnement est souvent mis à mal par l’entourage et la famille qui se sentent dépassés par ce monde virtuel dans lequel on scrolle à toute allure. Depuis quelques années, les spécialistes prennent la parole pour tenter d’étudier ce phénomène digital auprès de la jeune génération. Il en ressort une série d’éléments qui mettent en évidence des effets néfastes pour les utilisateurs de réseaux sociaux. Mais en creusant un peu, on peut également relever les points positifs de cette hyperconnectivité. Petit tour d’horizon sur les paradoxes qui en découlent.

Moins d’attention prolongée VS Booster de créativité

« L’utilisation intensive des réseaux sociaux détruit la capacité d’attention »

Les enseignants le confirment, il devient de plus en plus difficile de maintenir l’attention de leurs élèves sur une longue durée. Ne pouvant pas scroller leur cours, certains étudiants vivent mal cette limitation imposée et deviennent incapables de se concentrer. Même remarque avec les formats longs que les jeunes ont de plus en plus de mal à consulter. Ils préfèrent regarder huit mini vidéos plutôt que de manger une glace devant Titanic (ou « Autant emporte le vent » pour la génération X).

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Peut-être, mais…

Leur cerveau va à 1000 à l’heure! Ils consomment les images à une vitesse folle et s’inspirent mutuellement. Le temps de lire un long article correspond à la lecture de 20 titres. N’ont-ils pas une vision, certes un peu superficielle, mais plus globale de l’actualité? En plus, avec un choix toujours plus étoffé de fonctionnalités (filtres, ajout de textes sur photo, live, reconnaissance faciale…), la génération Z booste sa créativité au quotidien. Qui épatera le plus sa communauté? A force de se creuser le pompon, les idées ne manquent pas. Ces jeunes users laissent libre cours à leur imagination et deviennent de véritables artistes en herbe. La preuve en images avec Snapchat.

Snapchat art by Dasha Battelle

Snapchat art by Dasha Battelle

Dépendance VS Hyper-stimulation cérébrale

« Les appareils connectés sont des machines à créer de la dépendance»

On parle de « nouvelles addictions » avec des comportements et réactions physiologiques proches de celles examinés lors d’addiction à des substances (drogues, tabac, sucre). Des centres spécialisés ont même vu le jour en Suisse romande pour répondre à un réel besoin de prise en charge.

Le Groupement romand d’études des addictions (GREA) a intégré cette nouvelle dépendance à son champ de recherche. >> http://www.grea.ch/hyperconnectivite

Cyberaddiction

La dure réalité de la cyberaddiction // source

Peut-être, mais…

En étant constamment connectée, la génération Z stimule son cerveau de manière à développer une capacité à ingérer une grande quantité de sujets et à naviguer dans des environnements digitaux aussi variés que différents. La « génération scrolling » sait s’adapter et passer d’un thème à un autre. Son adaptabilité est bien supérieure à celle des seniors. Pour preuve, seuls les moins de 20 ans sont capables de comprendre le fonctionnement de Snapchat du premier coup! L’intuition digitale est dans leurs gènes.

>> Lire l’article  » Le cerveau des enfants du numérique »

Autisme VS Socialisation (+désinvolture)

« Le contact réel est plus difficile » 

Selon une étude, les adolescents d’aujourd’hui passeraient deux fois moins de temps avec leurs copains qu’en 1988. Les temps sont réellement durs pour les amitiés ?! Disons que le rapport à l’amitié a peut-être juste évolué. Les réseaux sociaux facilitent la tâche puisqu’il devient beaucoup plus aisé de choisir les personnes avec qui nous souhaitons échanger. Chacun est libre de se manifester quand bon lui semble et peut mettre un terme à une discussion à tout moment. On se boit une bière en Face Time ?

Hyperconnectés au restaurant

Des hyperconnectés en pleine discussion dans un café // source

Peut-être, mais …

Votre enfant est enfermé dans sa chambre au lieu de jouer dehors avec son voisin? Ne vous inquiétez pas! Il n’est pas seul, il est entouré de ses 569 amis/followers/ abonnés et partage en continu avec eux. Les neuroscientifiques relèvent qu’il n’est pas possible d’avoir un échange régulier avec plus de 200 contacts. Entre nous, ça fait déjà un grand cercle d’amis, non?! Et finalement, mieux vaut être tranquille sur un canapé à la maison plutôt qu’assis à un arrêt de bus les fesses au froid avec son voisin qui ne parle pas, n’est-ce pas?!

Notons également le fait que cette génération est moins pudique dans sa relation à l’intimité. La tendance aux publications éphémères telles qu’offertes sur Snapchat pousse les jeunes aux hormones en pleine ébullition à oser se « mettre à nu » plus facilement… Non sans créer quelques dérives bien évidement!

>>  Lire l’article « Sur Snapchat, les étudiants dévoilent leur intimité »

Déprime VS Dopamine

« Les réseaux sociaux sont des comparateurs sociaux qui génèrent anxiété et déprime »

Oui, on en a entendu parler, à force de voir uniquement des gens beaux et heureux dans des endroits paradisiaques, qui défilent sur nos murs pendant que nous mangeons un plat de pâtes dans notre studio de 25m2, Facebook et Instagram nous rendraient dépressifs. Bien que cette hypothèse puisse à priori tenir la route, aucune étude ne peut le prouver.

Mais si vous le souhaitez, voici l’article qui explique ce mécanisme: « Pourquoi Facebook et Instagram font-ils de nous des losers »

Selfie

Dessin de Marine Normand sur Retard Magazine // Roca Balboa

Ci-dessous, une vidéo très bien réalisée qui montre le décalage parfois violent entre la vie réelle et la vie des réseaux sociaux.

Peut-être, mais…

La génération de « Like », de nouveaux abonnés ou de partages active le cerveau en sécrétant de la dopamine, l’hormone du bonheur. Oui, il a été prouvé que notre encéphale aime la reconnaissance! Sans oublier les vidéos marrantes et les gags qui font le buzz sur nos fils d’actualité (la génération Y les adore aussi, surtout lorsqu’elle peut les montrer à ses amis autour d’un bon repas à la maison). Sans compter les essais de selfies avec filtres sur Snapchat, qui avouons-nous le, nous font rire. Oui, toutes ces nouvelles technologies sont étonnantes et nous donnent le sourire.

Selfie de Gilbert Montagne

Le selfie de Gilbert Montagné

Conclusion

Le monde évolue et la génération Z est parfaitement adaptée aux nouvelles mœurs technologiques. Faut-il vraiment les faire changer en leur faisant la morale sur leur consommation de réseaux sociaux et l’avant-internet? Nous devrions plutôt prendre exemple sur leur capacité d’adaptation et nous-mêmes apprendre à voir le côté positif de ce mode de fonctionnalité. Écoutons-les pour connaitre leur vision du monde et progressons de manière intelligente pour garder le lien intergénérationnel.

«Les espèces qui survivent ne sont pas les espèces les plus fortes, ni les plus intelligentes, mais celles qui s’adaptent le mieux aux changements.»

Charles Darwin

We can do it

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