Crédit: Alan Klim (Flickr / CC BY 2.0)

Live-streaming, une menace pour la télévision?

Depuis quelques mois, c’est un bouleversement dans le paysage médiatique: le live-streaming, ou la diffusion en direct d’événements sur les réseaux sociaux, en bon français bien de chez nous.

En février dernier, Facebook a enfin donner la possibilité pour tous d’accéder au Facebook Live, qui n’est plus l’apanage de quelques VIP. Tenant compte du fait qu’en Suisse ce sont 3,4 millions de personne qui utilisent le réseau social, l’enjeu est majeur…. pour les médias d’information. Ajoutons à cela Periscope, et c’est une véritable opportunité pour sites d’infos d’offrir de nouveaux contenus aux lecteurs / auditeurs / spectateurs.

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Les jeunes désertent les sites d’infos

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Graphique de l’étude « Qualité des médias » de l’Université de Zürich

Selon la dernière étude de l’Université de Zürich « Qualité des médias », la catégorie 18-33 ans s’informent sur Facebook pour 61% d’entre eux, 37% par la télévision locale et 44% préfèrent une chaîne nationale (ces chiffres donnent les tendances aux Etats-Unis). Plus de la moitié des 34-49 ans scrutent les infos aussi sur Facebook, avec le même désamour pour la télévision. Ce sont seulement les 50-68 ans qui restent devant leur poste poursuivre l’actualité.

Si les jeunes désertent la télévision, c’est une grande opportunité pour les médias de presse écrite. Avec le live-streaming, les sites d’infos peuvent enfin s’approprier ce qui était le monopole du petit écran: le direct.

Sur Facebook et Periscope, les titres comme 24heures, La Tribune de Genève, La Côte ou encore Le Nouvelliste peuvent diffuser de la « breaking news » en temps réel, et faire vivre un événement à leur lecteurs, fans et followers. De plus, l’engagement est bien plus fort, puisque le preneur d’images, avec un simple smartphone, peut interagir avec les spectateurs. Au final, la presse écrite prend un avantage considérable dans la couverture de la réalité hic et nunc, contrairement à la télévision qui doit attendre ses journaux télévisés quotidiens.

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« J’attends le 19h30 »

Bien sûr, les directs traditionnels se font encore sur la RTS notamment, mais lors d’événement spéciaux, comme lors de votations ou l’inauguration du plus long tunnel du monde en Suisse. Pour autant, les chaînes ont toutes la contrainte d’une grille des programmes. Contrainte absente des réseaux sociaux, mais cela n’empêche par la RTS justement d’utiliser Periscope et Facebook Live.

Pour la RTS, un canal complémentaire

Si la Radio Télévision Suisse ne fait, pour l’instant, pas de breaking news au sens large du terme, elle occupe l’espace du live-streaming autrement. David Lamon, responsable réseaux sociaux et contenus digitaux de la RTS, le directe sur les réseaux sociaux doit apporter de la valeur ajoutée à un projet: « Quand il y a un sujet qui sera diffusé sur nos chaînes, nous nous tournons vers Periscope et bientôt Facebook Live pour apporter du contenu complémentaire à ce qu’il va être diffusé. Par exemple, lorsque notre journaliste Laurent Burkhalter est allé à Lesbos où se trouvent les migrants, nous avons réalisé un Periscope pour que les spectateurs puissent poser des questions en temps réel au journaliste et aux intervenants comme les ONG. »

« A choisir, le public préférera regarder un match de foot sur son écran en bonne qualité et bien filmé, plutôt que du live-streaming depuis les gradins. »

En clair, la diffusion en direct vient apporter de la plus-value aux projets de la RTS, et de la complémentarité: « L’engagement avec nos spectateurs est aussi un point fort pour cette nouvelle opportunité », ajoute-t-il. Mais est-ce une menace pour la chaîne audiovisuelle? « Absolument pas. Nous avons une logique de diffusion différente à la télévision, aussi éditoriale et un savoir-faire qui nous permet d’apporter du contenu distinct de ce que l’on peut voir sur les réseaux sociaux. A choisir, le public préférera regarder un match de foot sur son écran en bonne qualité et bien filmé, plutôt que du live-streaming depuis les gradins. »

L’émergence d’un web 3.0?

Avec Facebook Live et Periscope pour les médias, c’est surtout la possibilité d’être connectés avec les spectateurs en direct. Ils peuvent poster des commentaires, des questions, visibles en temps réel par celui qui filme avec son smartphone. L’engagement est plus fort qu’un simple like sur un post Facebook ou un retweet.

A la RTS, une expérience a été faite sur Periscope, où le public pouvait poser des questions au présentateur du 19h30 Darius Rochebin. Ou encore la radio française « Europe 1 » qui a utilisé Facebook Live en invitant le DJ Bob Sinclar pour une session questions-réponses.

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La radio française Europe 1 dispose même d’une salle dédiée aux réseaux sociaux: la « Social Room »

Au-delà de cette possibilité de réaliser une interview annexe et par les internautes, il y a également l’opportunité de s’amuser avec eux pour créer de l’engagement. Par exemple, 24heures a fait un Periscope sur l’ouverture de la billetterie de Paléo. Si le but premier était d’interviewer des personnes dans la file d’attente, ont émergé des challenges, pas du tout prévus: trouver quelqu’un dans la file d’attente ou encore faire des paris sur combien de personnes patientaient dans la queue. Une chouette expérience que j’ai eu la chance d’expérimenter.

Si donc (jusqu’à aujourd’hui pour l’instant) on parle de web 2.0, celui où les internautes peuvent participer aux contenus en commentant ou en apportant leur expertise, verrait-on ici avec le live-streaming, cette connexion en temps réel avec ces mêmes internautes qui contribuent et s’engagent dans le contenu, l’émergence de ce qui pourrait être un web 3.0?

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