Crowdfunding, peut-on tout sponsoriser de son canapé ?

Tendance, outil communautaire, canal de communication atypique, dealeur de rêve ou pied de nez à l’économie actuelle, et si on se penchait sur ce nouveau modèle de financement.

À l’heure où les sifflets lancent le début des festivités et que les premières passes mettent en émoi les supporters et même les non-supporters de la planète foot, j’admire avec une certaine stupéfaction, l’ampleur, l’effervescence et le soudain sentiment d’unité que provoque ce sport qu’est le Football. Fédérateur, élévateur de conscience et agitateur d’opinions on ne peut enlever à ses caractéristiques le fait qu’il rassemble. Une réalité qui touchait son apogée au printemps dernier, lorsque certains fans, auraient été prêts à mettre leurs quelques deniers durement épargnés pour sauver et s’approprier LEUR club. Et oui, rappelez vous, il y a quelques semaines, pour une modique somme, vous pouviez acquérir, avec une série d’autres passionnés, l’OM ! L’Olympique de Marseille ! Et tout ça grâce à cette joyeuse révolution qui peut propulser une simple idée en startup prometteuse ou n’importe quel profane en véritable actionnaire : Le crowdfunding. Rendu possible grâce à l’avènement des réseaux sociaux, le financement participatif a le vent en poupe.

Le crowdfunding c’est quoi ?

Le crowdfunding est littéralement traduit par « financement par la foule » mais est plus connu dans la francophonie par le terme de « financement participatif ». Ce système permet à tout un chacun, qu’il s’agisse d’un particulier, d’une association, d’une raison individuelle ou sociale de récolter des fonds pour mener à bien un projet. Les sommes peuvent être minimes ou importantes selon le projet et souvent la participation offre une contre-partie qui peut être versée en nature (entrées, abonnements, goodies) ou, plus rarement, de manière financière. C’est cet aspect qui le différencie principalement d’un système de financement par investisseurs, Business Angels ou autres actionnaires. Le crowdfunding démocratise ainsi, depuis quelques années, l’entreprenariat grâce au soutien de mécènes intéressés par le développement d’un projet sans obligatoirement un objectif de profit.

Les principales plateformes de crowdfunding:

  • KissKissBankBank, l’un des leaders mondiaux
  • Ulule, premier site de financement participatif européen
  • Kickstarter, plateforme dédiée aux projets créatifs
  • Wemakeit, plateforme de crowdfunding suisse
  • MyMajorCompany, historiquement, première plateforme de financement participatif dédiée aux arts et surtout connu pour son soutien à la musique
  • Smart Angels, plateforme de crowdfunding pour PME qui propose des retours sur investissement financiers.
  • Fadev, première plateforme de crowdfunding solidaire, tournée vers l’Afrique

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Cette liste n’est pas exhaustive et beaucoup d’autres sites existent sur le net. Ils peuvent varier selon le type de projets, la zone géographique ou encore le financement recherché.

Quelques règles :

Depuis son développement, le crowdfunding a permis la réalisation de projets d’envergure, solidaires et caritatifs et aussi une série de projets fous voir complétement loufoques comme la salade de pomme de terre de Zack Brown qui récolta 55’000$ ou encore des croque-monsieur à l’effigie de Jésus 25’000$.

Cependant, proposer un projet de crowdfunding sur une plateforme dédiée ne suffira pas à faire aboutir votre projet. Si l’originalité reste l’un des moteurs du crowdfunding et que la blague peut souvent rapporter, la clef réside principalement en un projet REALISABLE et une bonne stratégie de communication. Celle-ci passera essentiellement par les réseaux sociaux, outils quasi indispensables pour générer du trafic vers votre projet et qui demandera beaucoup d’implication et d’énergie. Aussi, il faut être légitime face à sa communauté, crédible entre qui vous êtes et ce que vous proposez. En ne respectant pas ces règles de base, certains, doivent rapidement abandonné, comme ce fut le cas de Björk et son projet Biophilia app for Android & Windows 8.

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 Peut-on tout financer par crowdfunding ?

Finalement, après m’être penchée sur certains de ces sites et avoir survolé un grand nombre de projets, des plus originaux au plus inutiles, je me suis interrogée sur cette tendance en me demandant si réellement tout pouvait être financé par crowdfunding. À quelques exceptions éthiques et morales près (du moins selon certaines chartes d’utilisation) il semblerait bien que oui ! (Je me garde cependant de vérifier prochainement cette information en proposant un projet à la limite de l’acceptable à l’un de ces sites, pour voir ce qu’il adviendra de lui – à lire tout bientôt). Donc, OUI tout est à priori bienvenu et il semblerait aussi que OUI toute personne majeure puisse investir ou chercher des fonds. Au vu du nombre de projets florissant sur la toile (75’000 projets rien que pour kisskissbankbank à ce jour) et la fréquentation croissante de ces sites, le crowdfunding a encore de beaux jours devant lui et on le comprend…

Ou pas…

En effet, savoir qu’aujourd’hui tout ce qui a fait l’histoire de l’économie, comme la rencontre physique avec ses investisseurs, l’art de la persuasion et le suivi de projet disparaissent en un clic, que l’homme est capable dans la même journée de revendiquer et de se battre pour 3 francs de plus par mois et qu’il n’aura fi de verser le soir cette même augmentation pour une salade de pomme de terre qui gagnera en 2 jours ce qu’il me gagnera pas en 2 ans, que de mon canapé je peux abreuver un village africain, participer à la commercialisation d’une poêle épée ou encore trouver des fonds pour m’acheter une cabane de jardin en m’étant juste servie d’une connexion internet me fait forcément aussi un peu réfléchir.

Si, à première vue tout ça résonne comme une joyeuse mélodie, ne devrions nous pas aussi nous demander si cela n’est pas en fait le générique de fin de tout ce qui a fait la beauté de la solidarité réelle jusqu’ici au profit d’une tendance toute virtuelle qui n’a en fait plus grand chose d’engagé ?

giphy

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