Stars du sport romand et réseaux sociaux: loisir ou business?

Les sportifs n’échappent pas à la règle, les réseaux sociaux sont un terrain très fertile pour entretenir leur ego et leur quotidien peu commun. En sont-ils accros? Y a-t-il une corrélation entre l’intensité de leur utilisation et leur notoriété? Indiscutablement. Mais il y a bien un point commun entre eux. Il savent les exploiter, et ont appris à les contrôler. La plupart avouent avoir eu une expérience négative et avoir probablement raté une compétition à cause d’eux. Ils ont dû apprendre à modérer leur utilisation, surtout avant une échéance majeure, où la pression devient très forte.  Ce qui est indéniable, c’est que les réseaux sociaux de nos sportifs romands leur ressemblent. Cinq de nos stars, Timea Bacsinzsky, Lea Sprunger, Daniel Yule, Didier Defago et Julien Wanders se sont confiés. Leurs profils.

 

 

Léa Sprunger la professionnelle

La médaillée de bronze des derniers championnats d’Europe sur 400 haies et 5ème aux mondiaux de Londres fait usage des réseaux sociaux avec plaisir, mais son but est principalement de communiquer sur sa carrière. Elle déclare n’avoir d’ailleurs que des profils publics.

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« Retour sur la piste » (Twitter)

Très active sur ses comptes, elle varie avec équilibre les anecdotes sur ses entraînements, sur son état de forme, ses résultats, partage ses apparitions dans les médias, tout en bichonnant ses sponsors. Ils lui demandent de poster certaines choses, et lui suggèrent des hashtags. Mais elle se sent assez libre et spontanée. Employée de Playmaker Sport & Event Management, elle démontre un certain professionnalisme, même si elle affirme n’avoir aucun plan. Pour elle, « les réseaux sociaux sont vraiment un plus pour booster la notoriété et la maintenir à un certain niveau. C’est simple et efficace», déclare-t-elle.

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Avec sa soeur Ellen et Timea B., elle ont le même sponsor (Instagram)

« Ils peuvent être très néfastes »
Est-ce qu’ils ne sont pas parfois une source de déconcentration? « Clairement, ils peuvent être très néfastes. A Londres, avant ma finale (ndlr elle avait terminé 5ème), je n’ai par exemple pas su gérer ce phénomène. On veut toujours être au courant et lire ce qui se dit sur nous. Cela peut être un problème surtout pour rester focalisé.»


Son préféré : Instagram

Nbre d’abonnés sur Instagram : 12’700
Nombre d’abonnés sur Facebook : 8’639

 

Daniel Yule, le timide

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Un de ses derniers entraînements (Instagram)

Actuellement à Diavolezza dans les Grisons pour 3 jours d’entraînement intensif, le slalomeur valaisan de 24 ans a hâte de reprendre la saison. Avec pour objectif tant attendu, un premier podium en coupe du monde (meilleur résultat de sa carrière, une 4ème place en 2017). Humble et discret, il ne suit pas les traces de sa compatriote Lara Gut en matière de communication.  Son site internet, qui compile automatiquement les publications de ses réseaux sociaux, est alimenté avec parcimonie (deux publications le mois dernier) « un peu par flemme » avoue-t-il.

« Je trouve que c’est un peu malsain »
Il déclare d’entrée ne pas trop aimer les réseaux sociaux. « Ils font partie de mon boulot de sportif, c’est une demande de mes sponsors. Si cela ne tenait qu’à moi, je ne les utiliserais pas, je trouve que c’est un peu malsain. » Il n’aime pas particulièrement se mettre en avant, se photographier à l’entraînement, et se mettre en scène.

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Source: Instagram

Il rigole: « Mes publications correspondent à mon caractère, je suis un peu timide sur les bords. Mais j’apprécie les côtés positifs: c’est qu’en tant que skieur professionnel, je peux communiquer directement avec les gens, sans forcément passer par des journalistes qui déforment parfois mes propos. »

Nbre d’abonnés sur Instagram: 11’200
Nbre d’abonnés sur Facebook: 10’816

 

Didier Defago, l’altruiste

 

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Une des rares photo de Didier Defago en train de skier (Facebook)

 

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La page facebook de Didier Defago

Aussi incroyable que cela ne puisse paraître, le skieur morginois, retraité depuis 2015 et après 402 départs en coupe du monde n’a même pas de page Facebook dédiée. Discret, il n’a jamais été un féru de réseaux sociaux durant et à la fin de sa carrière. Malgré un palmarès des plus enviés (16 podium en coupe du monde dont 5 victoires, et le titre suprême, celui de champion olympique de descente obtenu en 2010 à Vancouver, il n’a pas développé cette science de l’auto-promotion qu’ont la plupart des compétiteurs.
Il a démarré sur les réseaux sociaux vers la fin de sa carrière seulement. Altruiste, il préfère partager les publications de ses amis, ou celles qui concernent le développement touristique de son village. Ou alors il communique sur des activités liés à ses partenaires. Sur son profi Facebook, pas une mention de sa formidable carrière. En guise de photo de profil, le logo de «Sion 2026», dont il est l’un des ambassadeurs.
Était-ce un choix de ne pas se mettre en avant sur les plates-formes, contrairement à la plupart de ses concurrents? «Oui plus ou moins, dans le sens où je n’en connaissais pas trop l’impact et je préférais me focaliser sur le sport et ma vie privée.»

Une demande de ses partenaires

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Lors de sa dernière descente à Kitzbühel, en 2015 (Instagram)

Encore ambassadeur pour des marques, dont Rossignol, Ochsner et Honda, il reconnaît tout de même:  «Ma première action sur les réseaux sociaux a été de créer un compte Twitter qui était en relation avec la première page de mon site internet, de façon à pouvoir donner quelques news. Sinon j’ai créer Facebook et Instagram quasiment à la fin de ma carrière. Il y avait indirectement une certaine demande de mes partenaires, et je me suis rendu compte de l’utilité et de l’importance d’être présent sur ce genre de plateforme.»

S’il déclare ne pas en préférer un, il publie assez peu et privilégie le contact direct avec les gens, et fuit les déballages d’opinion en public.

Son préféré : Instagram
Amis sur Facebook : 1’949

Abonnés sur Instagram : 2’985

 


Julien Wanders : le guerrier reporter

 

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Julien Wander sur un de ses parcours d’entraînements au Kenya (Facebook)

Le recordman de suisse du 10’000m Julien Wanders aime raconter son quotidien d’athlète en long et en large, les hauts comme les bas. Il raconte depuis son fief, le village d’Iten au Kenya, où il vit la plupart du temps: «J’aime me servir des réseaux sociaux pour montrer aux gens ce qu’est le métier de coureur. Toute la préparation qui se cache derrière les performances, les moments de galère, les blessures, l’acharnement au travail et les moments de joies. Pour moi, il est important que les gens comprennent qu’on a rien sans rien. Et je pense également que cela peut inspirer certains jeunes à se dire que le travail paie et qu’avec de l’investissement, on peut arriver à tout.» Le message d’accueil sur son profil Instagram le décrit parfaitement: « Stop complaining et go back to work ».

Coureur professionnel à 100% depuis 2014, et malgré ses performance extraordinaires,  est encore relativement peu médiatisé. Il reconnaît que les réseaux sociaux lui ont permis d’obtenir certains contrats. Il les gère de manière spontanée et autodidacte. «Certains jours, j’ai envie de mettre quelque chose de drôle, ou alors ce sera une phrase de motivation, et parfois je raconte juste une de mes séances. J’aime bien diversifier, et montrer aux gens ma personnalité.»

« Les commentaires sur Facebook m’ont mis le doute »
Comme Léa Sprunger, il s’est également fait piéger par l’impact des commentaires négatifs sur son compte Facebook. «Cet été, j’avais comme objectif de faire les minimas pour les championnats du monde sur 5000m. Je l’avais annoncé sur plusieurs réseaux sociaux et ça m’avait mis une pression de dingue. J’ai ensuite lu des commentaires qui disaient que je n’y arriverais pas et ça m’a mis le doute.» Cela s’est terminé par une grosse déconvenue et Julien  n’est finalement jamais parvenu à atteindre son objectif.

Son préféré : Instagram
Nbre d’abonnés sur facebook : 9’300 
Nbre d’abonnés sur Instagram : 9’827 abonnés

 

 

Timea Bacsinszky, la spontanée (vidéo)

Timea rejoint notre rendez-vous à Ouchy tout sourire. « Désolée! Un camion bloquait la route! » Fraîchement opérée de la main droite, tout en nous expliquant la raison de ses cinq minutes de retard, elle masse sa main avec une crème cicatrisante, qui ne quitte pas sa poche. En ce moment, son attention est focalisée sur la rééducation et elle suit les instructions des médecins à la lettre. Pour l’instant, ils ne lui ont même pas encore autorisé à utiliser un stylo, donc au grand dam de ses fans, pas d’autographe! Alors, la raquette dans la main droite, c’est pas pour tout de suite. Le lendemain de notre interview, elle postait une vidéo d’elle, jouant de la main… gauche!

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Un de ses retweets récents

En attendant une reprise plus intensive sur les courts, les réseaux sociaux l’aident à garder le contact avec ses fans, et à se tenir au courant de l’actualité tennistique, et du monde en général. Elle a même ouvert tout récemment un compte Snapchat, qu’elle veut tester, par curiosité. Entre deux séances de rééducation qu’elle effectue à Milan, où elle se rend une fois par semaine, elle se confie.

“Les réseaux sociaux, c’est un mélange de fun et un peu de travail. Je ne veux pas seulement montrer la tenniswoman, mais aussi la femme que je suis. A la question de savoir si ses sponsors lui imposent des publications, elle répond : “Les gens qui me connaissent savent qu’on ne ne peut pas m’obliger à faire ça! Mais il est normal aussi de les promouvoir, car c’est grâce eux que je peux exercer mon métier dans les meilleures conditions. C’est donc un win-win.” Elle rit.
Instagram est clairement son préféré, même si elle aime beaucoup Twitter. “J’aime bien, il me correspond bien. Il me permet d’être spontanée, décalée.”

Nbre d’abonnés sur Instagram : 42’400
Nbre d’abonnés sur Twitter : 47’950
Nbre d’abonnés sur Facebook : 34’314

INTERVIEW VIDEO:

 

Texte et vidéo : Magali Di Marco

 

 

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