Le glitch ou l’art de détourner les médias sociaux

Facebook et consorts ont été créés… pour une certaine utilisation. Ou de nombreuses utilisations. À l’instar des utilisateurs lambda, les artistes se sont approprié ces plateformes. Ces outils, certains artistes de la contre-culture, les net-artistes plus précisément, ne les ont pas seulement employés comme une vitrine ou une interface, un support de diffusion de leur production, mais aussi comme une matière première, qu’ils ont tordue, fait dériver dans tous les sens et dont ils ont exploré les failles, un peu comme un glitch, pour en faire quelque chose de nouveau. Une parfaite imperfection.

 

Le glitch

Mais, déjà, qu’est-ce que le glitch ? Définition et tour d’horizon.

Techniquement, le glitch est le résultat imprévu d’un dysfonctionnement, d’un bug, une rupture dans le flux. Le terme désigne à l’origine un pic de voltage dans un courant électrique. De manière plus pointue, un glitch est une défaillance électronique ou électrique qui correspond à une fluctuation dans les circuits électroniques ou à une coupure de courant (une interruption dans l’alimentation électrique), ce qui entraîne un dysfonctionnement du matériel informatique (hardware) et occasionne à son tour des répercussions sur les logiciels (software). Mais ces accidents fortuits peuvent aussi être créés de manière consciente, souhaitée, délibérée, donnant lieu à une forme particulière de net-art, le glitch art.

Le glitch art

Le glitch art est l’esthétisation d’erreurs analogiques ou numériques, comme des artefacts ou des bugs, par corruption de code ou de données ou manipulations d’appareils électroniques. Il s’inscrit dans une époque de post-modernisme, de post-dadaïsme, de post-art cinétique. Le glitch art englobe une scène radicale, de contre-culture, qui n’est pas tant intéressée par le résultat final que par le processus. Ce dernier a justement beaucoup plus de poids et d’importance que la composition du produit fini de glitch art. Pour Rosa Menkman, le glitch, c’est : « (…) l’expérience magnifique d’une interruption qui détourne un objet de sa forme et de son discours ordinaires, pour l’emmener vers les ruines d’un sens détruit. » L’artiste néerlandaise utilise plusieurs techniques de glitch art (de manipulation des formats, de compression vidéo et des « bruits » de l’image) pour créer des visuels hypnotiques, catalyseurs d’étrangeté et de beauté insoupçonnée.

 

 

La création d’un glitch

Par ailleurs, une foule de techniques différentes peuvent être utilisées pour créer un glitch.

Circuit Bending : le recâblage ou l’altération intentionnelle du circuit d’un dispositif avec l’intention de mettre en place un bug.

Data Bending : la manipulation délibérée d’un fichier de données dans l’intention de mettre en place un bug. Simplement, on pourrait ouvrir un type de fichier (tel qu’un fichier vidéo) dans une application conçue pour interpréter un type différent de fichier (comme une application de texte), ce qui engendre un bug.

Pixel Drifting : utilise ou crée des applications dans le but de découper et de reproduire la base d’un fichier.

Datamoshing : le processus de déformation intentionnelle des médias pendant un cycle de compression de fichiers.

Z-Fighting : un processus de tissage de plusieurs couches visuelles pour former une couche.

Le fait de tenter d’utiliser les glitchs en guise d’outils créatifs n’est pas nouveau dans l’histoire de l’art, loin s’en faut ! Ce qui est plus nouveau par contre depuis le début des années 2000, c’est bien le fait que des net-artistes s’en sont emparés, et que, dès les années 2010, Rosa Menkman, Nick Briz, Jon Satrom et Evan Meaney ont décidé de créer un festival de glitch, le GLI.TC/H. Ce festival s’est déroulé dans trois lieux. D’abord, à Chicago en septembre-octobre 2010, ainsi qu’une année plus tard à Amsterdam et Birmingham. Il réunissait des artistes, bien décidés à en découdre avec les logiciels et les machines, distordant des données corrompues, des médias décomposés et des fichiers détruits, ou alors exploitant les erreurs d’encodage-décodage ou de transmission. Copier, coller, diviser, surexposer, décaler, abstraire, tordre, distordre, allonger, abstraire, pixeliser, mosaïciser, surimpressionner, superposer, prismatiser, juxtaposer, saturer… Tout cela dans le but de subvertir les conventions, de détourner des données, des médias, des fichiers de leur acception respective première, en un mot de détruire des médias dans le but de produire quelque chose de neuf, en quête « non de la perfection, mais de l’imperfection parfaite ».

 

De nouvelles pratiques artistiques… ou plutôt des pratiques artistiques avec de nouveaux matériaux

La toute première expo de SPAMM a eu lieu du 15 décembre 2011 au 15 avril 2012, et sa particularité est qu’elle s’est déroulée… online, sur internet et par l’intermédiaire de Facebook, décloisonnant de ce fait la muséographie dite traditionnelle.

Derrière SPAMM, qu’est-ce qu’il y avait ? Ou qui se cachait derrière le mur de cette page Facebook, et non pas sur son mur ?

Dans le sillage de GLI.TC/H, inspirés par différentes galeries en ligne telles que Bubblebyte.org, fa-g.orgou ou justement glit.tc/h/0nline, galerie interactive, Michaël Borras alias Systaime et Thomas Cheneseau, précurseurs du Facebook art français, ont décidé de lancer leur propre galerie sur le web. Par la suite, ils ont nourri des liens avec d’autres galeries online, comme Gallery Online, pour ne citer que cet exemple.

Systaime est un designer vidéo et un graphiste qui a fait partie, avant l’ère de YouTube, des premiers à produire des contenus vidéo pour le web. Dès la fin des années 90, il a été partie prenante de l’internationale échantillonniste, un groupe d’artistes parisiens underground. Il a rencontré son public avec « Polemix et la voix off », un mash-up créé de toutes pièces, utilisant les voix parfaitement reconnaissables de Jacques Chirac et de Nicolas Sarkozy, pour en faire des discours politiques pétris d’absurdité. Son mash-up était justement déjà un détournement, au sens situationniste du terme. Passionné par l’art contemporain et les nouvelles technologies, Thomas Cheneseau quant à lui développe une pratique artistique sur internet à partir des médias sociaux. Dès 2012, Systaime, Thomas Cheneseau, Jean-Jacques Gay et Juliette Donadieu, de SPAMM, ainsi que les équipes d’ARTE Creative, ont décidé de faire oeuvre ensemble pour fonder une nouvelle dynamique d’exposition en ligne : SuPer Art Modern Movement. Entre musée atypique, contemporain et web TV organique, entre monstration et création, la plateforme SPAMM.ARTE.TV est un projet né de SPAMM et de ARTE Creative, et, à l’origine, se proposait de réunir les acteurs forts de la création numérique à travers une expérience multimédia présentant des événements trimestriels et une actualité hebdomadaire.

Ces deux net-artistes étaient bien décidés à utiliser les outils du web pour créer un musée inouï, connecté et collaboratif, à l’image de leur génération : le SuPer Art Modern Museum ou SPAMM, le premier musée online des arts numériques en France, collectionnant les œuvres d’une centaine de net-artistes. Sélectionnés sur internet, et plus particulièrement via les médias sociaux, ce musée d’un autre genre ou d’un nouveau genre leur offrait et leur offre encore une galerie en ligne pour plus de visibilité. Les internautes étaient ainsi amenés à découvrir leurs productions, par l’intermédiaire d’une galerie virtuelle, tant via Facebook que via son site internet, étant lui-même une œuvre collaborative à part entière. Pour Thomas Cheneseau, un net-artiste est le fruit d’une génération qui a grandi avec le net : « Il s’agit d’un artiste qui s’engage dans sa production en utilisant le flux du web, les data et les informations qui y circulent. Le flux est une matière première. Qu’elles restent sur internet ou qu’elles se matérialisent, les œuvres sont issues de ce flux. Le net-artiste surfe beaucoup sur internet et en a intégré les codes pour ensuite produire son œuvre. Le net-artiste a une activité journalière alors que dans le réel, les productions mettent plus de temps. »

« Nous sommes des artistes issus du web, notre volonté était de mettre un coup de pied aux institutions traditionnelles en utilisant les armes de notre génération, notamment le détournement. Nous avons commencé avec la page d’accueil du SPAMM qui est un détournement du site du Musée d’art moderne de la ville de Paris. Nous voulions appréhender le musée d’une autre façon. »

Manifeste SPAMM, rédigé par le critique d’art Jean-Jacques Gay.

Ce qui est très intéressant dans cette pratique, c’est que non seulement elle révèle un mode curatorial qui était, dès 2011, de « sélectionner des net-artistes via les médias sociaux », mais elle emblématise aussi le fait de proposer des contenus artistiques via ces mêmes médias sociaux, dans le cas présent, via Facebook.

Ce qui est tout aussi intéressant, c’est que, dans le postulat de base énoncé par Jean-Jacques Gay, tout autant que dans la pratique du glitch art définie par la net-artiste Rosa Menkman, un mot se détache clairement, et il s’agit du mot « détournement ». Derrière ce mot se cache de nombreuses velléités, un credo. Le maître mot. Cher au situationniste Guy Debord qui, dans son manifeste en 1957, a posé l’exigence de « changer le monde » et a envisagé le dépassement de toutes les formes artistiques par « un emploi unitaire de tous les moyens de bouleversement de la vie quotidienne ».

 

Facebook comme vous ne l’avez jamais vu

 

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Thomas Cheneseau, profil Facebook, 11 février 2012

 

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Thomas Cheneseau, *Beyond Facebook’s Linearity in Time & Space*, page Facebook Gallery Online, 18 janvier 2014

 

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Thomas Cheneseau, profil Facebook, 21 février 2013

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Rafaël Rozendaal, profil Facebook, 24 février 2016

 

Comment les médias sociaux ont été « asservis » et sont devenus les « sujets » du glitch art

Non contents d’avoir détourné des fichiers, des médias et des données dans le but de réaliser du glitch art, avides de nouveautés, certains net-artistes ont détourné les médias sociaux de leurs usages premiers. Ces derniers sont devenus la matière même de nouvelles expérimentations artistiques. Des net-artistes tels que le Lituanien Laimonas Zakas aka Glitchr ou encore le Français Thomas Cheneseau se sont approprié Facebook, l’ont incorporé, ainsi que ses codes et jusqu’à son code couleur (#3B5998 Color Hex) ; et pour l’un, a profité de ses failles, tandis que l’autre en étirait, en rapetissait ses formes physiques à merci. Dans les deux cas, il y a eu détournement, déconstruction et presque destruction. Tout un programme, à l’instar du post Facebook de Thomas Cheneseau du 24 mai 2014: « My facebook profile as an artwork », préfiguré et prévisualisé dans son autre post Facebook de 2010 ci-dessous.

 

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Thomas Cheneseau, *Attack*, profil Facebook, 25 décembre 2010

 

 

Des net-artistes qui se sont spécialisés ou passionnés dans le détournement des médias sociaux eux-mêmes

Glitchr a été décrit comme « la chose la plus étrange sur Twitter ». Tant la page Facebook Glitchr, le compte Twitter @glitchr_ que le compte Tumblr sont des expérimentations poussées à l’extrême, hors même des limites physiques et graphiques de ces plateformes. Tout a commencé en 2011 lorsque Zakas l’artiste-hackeur a découvert un ensemble de caractères Unicode sur Facebook. Il s’est approprié cet ensemble, l’a fait sien; et, si par exemple, l’on clique sur des posts de la page Facebook Glitchr, des caractères Unicode apparaissent de manière aléatoire tout en chargeant une barre de navigation Facebook plusieurs fois. « Ces symboles, qui s’introduisent de haut en bas, sont faits en combinant des signes diacritiques. »

 

 

 

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Glitchr, page Facebook, 8 janvier 2012

 

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Glitchr, page Facebook, 29 avril 2012

 

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Glitchr, page Facebook, 5 avril 2012

 

En plus de son intérêt visuel, Glitchr est intrigant, pour la façon dont il subvertit les lignes épurées et les infrastructures strictes d’une grande partie d’internet. Exposer des vulnérabilités dans le code, même lorsque les bugs sont inoffensifs, déstabilise le « mythe » de la représentation et de l’ordre transparents, rappelant aux utilisateurs que la « vraie » nature de chaque page est les milliers de lignes de son code source. Zakas avait aussi remarqué, tandis que son compte Facebook avait été désactivé en décembre 2011 (car contenant des caractères Unicode dans son titre), que, suite à sa demande de réhabilitation de la page à des développeurs de Facebook, certains des bugs avaient été corrigés, comme par exemple intégrer des images animées dans des notes, partager des images animées en vignettes, l’extension illimitée de texte dans des posts placés à droite (fonctionnalités dont nous ne nous souvenons plus forcément à l’heure actuelle). Ceci pose pourtant la question de la matérialisation des « objets », des « produits » artistiques. Si Facebook peut décider de la désactivation pure et simple d’une page, qu’en est-il de son archivage ? Suite à cet épisode, c’est apparemment la question que s’était posée Zakas et il avait décidé de réaliser des back-ups, en quelque sorte.

Glitchr est devenu la forme d’art créée la plus obscure et la plus nouvelle, un art de la performance, rempli de folie codée, si bien que Zakas a été considéré comme l’artiste-hacker le plus passionnant, le plus intéressant sur Facebook (en 2014). Son compte Twitter, actif de février 2012 à juillet 2014, est tout aussi étonnant, avec de nombreux caractères Unicode qui font exploser les limites physiques et visuelles de Twitter. Pour preuve, un simple coup d’œil à @glitchr_

Le détournement peut s’effectuer à l’infini, comme le démontre ce post Facebook de Thomas Cheneseau en forme de grille qui n’en finit pas: Allover

 

 

Une question demeure néanmoins sans réponse ou obscure : que fait Laimonas Zakas depuis 2014, quelle est sa destinée, tant sur les réseaux qu’en dehors de ces derniers ? Quand bien même 44’493 utilisateurs de Facebook le suivent à ce jour, ainsi que 24’000 followers et des poussières sur Twitter, tout se passe comme s’il avait disparu des écrans radars, ce qui n’est pas le cas de Thomas Cheneseau, lequel, en plus de son travail artistique et de recherche universitaire, a officié en tant que commissaire d’une expo intitulée Unlike, qui a présenté en février 2016 la question des réseaux sociaux et de l’identité numérique sous l’angle du détournement artistique. L’exposition réunit et explore pour la première fois des oeuvres d’artistes internationaux (14 exposants dont le Franco-Canadien Grégory Chatonsky, artiste du web art le plus connu parmi les autres exposants et qui a, dès 1994, créé le site incident.net) qui s’approprient Facebook en détournant, déroutant, jouant, banalisant l’outil premier à travers différentes créations (installations, environnements 3D, expérimentations sonore, clips musicaux, livre, peinture, sites internet et plug-in pour navigateur). Le titre de l’exposition Unlike a toute son importance, car ces œuvres sont souvent critiques face au réseau social, et font figure d’acte de résistance contre les codes, les limites de l’interface et questionnent la présence en ligne de chaque utilisateur-trice. Cette exposition vue comme un manifeste se propose de refondre le web comme objet social mondialisé. Au centre de cette mutation post-internet, Facebook n’est plus dorénavant qu’une image de la nature web. Et les artistes que réunit Unlike sont les voix (voies) à suivre pour affronter la disruption technologique contemporaine. Les net-artistes ont imaginé plusieurs façons de se forger une identité numérique à part en détournant, déroutant, jouant, phagocytant, banalisant, manipulant le réseau social. Unlike montre l’immatérielle matière du réseau à l’œuvre tout en démontrant qu’aujourd’hui, trente ans après les Immatériaux, exposition manifeste mise en place par le philosophe français Jean-François Lyotard au Centre Georges Pompidou, l’enjeu n’est plus d’exposer sur internet, mais d’exposer le réseau. Thomas Cheneseau signe ce manifeste d’exposition 3.0 en rassemblant à Poitiers ces flux mondialisés, il crée une réponse à la dystopie d’une vie algorithmique où le code serait œuvre. Il pose l’équation entre création (artistique, esthétique) et pouvoir (médiatique, pédagogique). Par ailleurs, durant l’exposition, la page Facɐbook avait été créée et publiée pour réaliser le projet Unlike, avant que Facebook ne décide de la désactiver. Comme quoi Facebook, comme dans le cas de Zakas, n’aime pas tellement et contre toute attente qu’on « joue » avec son réseau, qu’on le pervertisse ou simplement qu’on le critique on qu’on en critique ses pratiques. Et il n’y a rien de bien étonnant à cela. Goliath reste Goliath.

 

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.gif d’Antonin Laval, artiste invité et participant à l’exposition *Unlike*, Thomas Cheneseau, profil Facebook, 17 février 2016

 

D’artistiques, la déformation, la déconstruction, le détournement sont devenus ou redevenus des faits de société, ont apporté une conscience sociale, sociologique et philosophique.

Pour autant, la rematérialisation d’œuvres virtuelles est possible et a été rendue possible (et pas uniquement pour des questions d’archivage), tant pour l’expo Unlike de 2016 que pour d’autres expositions, depuis la naissance virtuelle, mais bien réelle, de SPAMM, en 2011.

 

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Thomas Cheneseau, SPAMM @ TRANSNUMERIQUES #4 BRUSSELS, page Facebook SPAMM (SuPer Art Modern Museum), 3 mai 2012

 

Thomas Cheneseau précisait, à l’ouverture, à la mise en ligne de SPAMM qu’ « Internet est un espace formidable pour diffuser des médias tels que la vidéo, l’animation ou encore la photographie. Plus spécifiquement, il existe des sites interactifs liés à la culture du virtuel. Cela étant, toutes ces œuvres peuvent être dématérialisées pour une exposition physique. Un projet est en cours pour « sortir » ces œuvres d’internet pour les faire figurer dans des expositions plus « traditionnelles ». Mais à l’image d’un musée qui regroupe en son sein des dessins, des peintures, des installations… notre musée regroupe tous les formats du web comme des gifs animés, des machinimas, de l’interactivité et autres moyens de création 100% virtuelles. »

 

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Felipe Rivas San Martin, *El Retrato de Intimidad (A Portrait of Intimacy)*, 2013, via le profil Facebook de Thomas Cheneseau, *Unlike*, 27 janvier 2016

 

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Exposition de Glitchr, Centras, Kaunas, Lituanie, page Facebook Glitchr, 15 avril 2012

 

Etrangement, et après analyse, il ressort qu’il y a eu à ce jour peu de torsion, de détournement d’Instagram et de Snapchat par et parmi les net-artistes. Est-ce que, comme certains le disent, cela sonnerait le glas du net-art spécialisé ès médias sociaux ? Ou alors tant les pratiquants du net-art que ceux qui les suivent sont une portion congrue de l’art, appelée à léviter dans les sphères et les limbes de la culture alternative ? Quand bien même intérêt artistique et de critique sociale et sociétale il y a, ces pratiques n’auront que peu remporté l’intérêt du grand public. Est-ce que ces pratiques demeurent marginales, et sont vouées à le rester ? Est-ce qu’elles sont considérées comme élitistes ? Est-ce que le net-art, partant le glitch art, et plus spécifiquement en lien avec la matière que sont et sont devenus les médias sociaux, est voué à mourir ? Nul ne le sait; toutefois, l’avènement du glitch populaire par le clip de Kanye West, dès 2009, avec son titre Welcome To Heartbreak, ainsi que l’apparition des glitchs, ou plutôt leur réapparition ces derniers mois sur Facebook Messenger par exemple, ainsi que l’existence de nombreuses applications destinées à créer des glitchs, laissent à penser que si le glitch a de beaux jours devant lui, certainement que le net-art, et toutes ses astuces de détournement, ont aussi de beaux jours devant eux. Et ce n’est certainement pas Thomas Cheneseau qui dira le contraire, ni tout artiste capable d’entrevoir les enjeux de son temps, soit en étant en avance sur son temps, soit de manière simultanée, en vivant avec lui. À vous, si le coeur vous en dit, d’essayer de réaliser vos propres glitchs, à vous de tenter le coup, que ce soit des glitchs issus de la contre-culture ou non !

 

Sources :

https://en.wikipedia.org/wiki/New_media_art

https://en.wikipedia.org/wiki/Media_art_history

https://fr.wikipedia.org/wiki/Net.art

https://glitch.com/

https://www.fastcompany.com/3034296/inside-the-bizarre-phenomenon-known-as-glitch-art

https://motherboard.vice.com/en_us/topic/glitch-art

https://motherboard.vice.com/en_us/article/wnj5aq/theres-not-much-glitch-in-glitch-art

http://www.theperipherymag.com/on-the-arts-glitch-it-good/

http://www.theperipherymag.com/interview-sabato-visconti

http://lewebpedagogique.com/penhouet/2017/11/07/glitch-art/

http://www.wired.co.uk/article/glitch-art-databending

http://www.liberation.fr/ecrans/2010/10/11/glitch-la-beaute-fatale-d-un-rate_950008

https://oss.adm.ntu.edu.sg/2014-da9003/syllabus/glitch-aesthetics/

https://steemit.com/subculture/@lpfaust/subcultures-and-social-trends-glitch-art-circuit-bending-and-pixel-drifting-the-evolution-of-art-in-the-digital-age

http://mikefrangos.com/2013/09/18/glitch-art-and-the-impermanence-of-digital-media/

https://networkcultures.org/_uploads/NN%234_RosaMenkman.pdf

http://nickbriz.com/thoughtsonglitchart/thoughtsonglitchartv2.0.pdf

http://gli.tc/h/faq/

http://www.siliconmaniacs.org/spamm-musee-arts-numeriques/

http://next.liberation.fr/culture/2011/12/31/au-portail-du-musee_785099

https://facebookfeedback.blog/

https://unlike.io

https://lieumultiple.org/8222/unlike-curation-thomas-cheneseau-fra/

https://www.scoop.it/t/arts-numeriques/p/3995335089/2013/01/22/systaime-a-k-a-michael-borras-french-trash-touch-facebook-like-homepage

https://technabob.com/blog/2012/01/14/glitchr-software-glitch-ascii-art/

https://www.designboom.com/technology/glitchr-turns-facebook-bugs-into-art/

https://creators.vice.com/en_us/article/mgpv9a/glitchr-is-the-most-interesting-artist-hacker-on-facebook

 

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