Instagram, mes photos et moi…

Avec un chiffre d’affaires qui va passer les 3,6 milliards de dollars cette année, la poule aux œufs d’or de Facebook est en passe de rendre ses utilisateurs accros à leurs images. Décorticage d’un succès et de ce que deviennent nos précieuses photos postées.


#origines logoinsta2

En 2010 Kevin Systrom et Mike Krieger (cofondateurs), avaient d’abord imaginé un réseau social de géolocalisation baptisé Burbn.
Comme la fonction de partage de photos était de loin la plus populaire, ils se sont alors focalisés sur cette opportunité. Le boom du smartphone a largement contribué à faire le reste, dotant chacun d’un appareil photo toujours à portée de main.

L’application a ensuite séduit par ses nombreux filtres de retouche permettant de donner des tons sépia, brillants ou colorés à ses clichés : des autoportraits plus flatteurs, des plages plus paradisiaques ou des tartes aux pommes plus appétissantes, chacun a pu devenir un vrai photographe professionnel.


#semettreenscene

En moins de cinq ans, s’exposer au monde est devenu pour certains un véritable mode de vie.

 


 

Kevin Systrom lui-même (1,4 million d’abonnés) explique son quotidien d’Américain presque ordinaire en posant avec sa femme, son chien ou faisant le VRP au Vatican en aidant le pape François à lancer son propre profil (4,4 millions d’abonnés).

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Les Instagram husband ou couplegram
, pauvres conjoints condamnés à photographier leur moitié à l’infini pour réussir le cliché parfait.

couplegram


Les Instamama
, communauté de mères de famille qui racontent chaque jour la vie si idéale et esthétique de leurs chers bambins.

Instamama2

2010 Investissement de 500’000 dollars et lancement de la v.1 sur IOS
2011 Elu application de l’année selon Apple
2012 Acquisition par Facebook pour 1 milliard de dollars
2013 Lancement sur Android
2015 Abandon du format carré

#instamove

Depuis octobre 2016, le nouveau siège d’Instagram à Menlo Park près de San Francisco trône fièrement avec ses 350 employés. Les pauvres avaient dû se contenter jusque-là d’un étage dédié dans les locaux de Facebook.
L’esprit « Chamallows » de l’application y est désormais entièrement respecté.
De l’accueil où est accroché un spectaculaire défilé de photos projetées sur des écrans géants en passant par le rez-de-chaussée qui comprend un café cosy géré par la chaîne « Blue Bottle Coffee » (la préférée des fondateurs) jusqu’aux petits coins salons détente et bibliothèques vintages au milieu d’un open space en font le summum du cool.

Capture d_écran 2017-11-13 à 15.18.47La maison mère garde néanmoins un œil averti, les buildings Facebook ne sont qu’à quelques mètres de là. 

#simplequirapportegros

Le partage de photos carrées est vite devenu la nouvelle pépite de Mark Zuckerberg. Selfies, cartes postales de vacances ou petits plats mitonnés…, chaque jour, plus de 95 millions de clichés sont ainsi postés dans un monde d’image qui compte plus de 700 millions d’adeptes.

C’est moins que les 2 milliards de membres Facebook mais cet actif est devenu ultrastratégique depuis l’introduction des publicités. Le chiffre d’affaires tenu secret pourrait passer de 1,8 milliard de dollars en 2016 à 3,6 milliard en 2017 et 6,8 milliards en 2018.

Instagram offre un univers très propice à la publicité notamment pour les annonceurs qui ciblent surtout les 18-34 ans.

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#ordansmesphotos

foot

LES COMPTES suivis par les utilisateurs d’Instagram, comme ici celui du FCBarcelona, servent à alimenter la liste de leurs centres d’intérêt, tout comme les commentaires postés. Si je suis fan de foot, je risque donc d’être ciblé par des publicités Nike ou Adidas.

 

 

 

 

 

 

 

disney

LA GEOLOCALISATION : est aussi essentielle pour le ciblage des pubs. Ici, Instagram enregistrera ma passion pour Disney, ou de la même façon me communiquera des ventes privées dans mon quartier.

 

 

 

 

 

 

 

 

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LES SUGGESTIONS : d’Instagram baptisées « explorer », un nuage de photos ou vidéos sur différents thèmes (musique, sport, cosmétiques…) servent à mieux cerner mon profil. Les clics instinctifs en diront long…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sponso

LES INFLUENCEURS : ces personnalités les plus suivies sur le réseau, monnaient souvent des photos vantant des marques. Instagram pourrait demain prendre sa commission sur ces partenariats.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

#impactfacebook

Trouvant le design de ses créateurs trop dépouillé, Facebook a poussé les dirigeants à enrichir leur palette. L’application a ainsi plus changé ces douze derniers mois que dans ses cinq premières années. La configuration actuelle d’Instagram est idéale : l’agilité d’une start-up avec des petites équipes qui peuvent prendre des décisions ultrarapides et la puissance industrielle d’un Facebook dont ils utilisent les datacenters et les forces de vente. Les développeurs prennent les initiatives mais le véritable juge reste Mark Zuckerberg et son staff.

En piquant les « stories » et les rappeurs (comme par ex. DJ Khaled) à Snapchat, InstaPO-14-blog-bannergram bénéficie de la puissance de feu publicitaire des cent plus gros annonceurs de Facebook. En effet, les deux réseaux partagent désormais la même régie. Les pubs s’intercalent toutes les trois photos et si vous êtes comme moi, abonnés aux deux plateformes, vous alimenterez une même mine d’informations. Dans cette base de données anonyme, les « likes » sont centralisés et combinés pour un meilleur ciblage publicitaire, ce qui séduit également de plus en plus de PME.

#limagecreelemanque

Selon Michael Stora, psychologue et psychanalyste spécialiste numérique : « Instagram, c’est le règne du narcissisme » ou cette tendance à devenir le publicitaire de soi-même. On y est avant tout une image. C’est régressif : le bébé avant ses 3 ans, est un être beau en soi, pas pour ce qu’il dit ou produit. Le psychologue y voit une quête existentielle, celle de retrouver le plaisir d’être beau dans le regard de l’autre.

On y compare sa vie à celle des autres. Il est frappant de voir tous ces selfies en vacances, comme si un moment qui n’était pas montré n’avait pas existé. Cela révèle une tendance à l’idéalisation, propre à l’image. Comme dans la publicité, l’image crée le manque chez celui qui la regarde. C’est une culture un peu tyrannique.

Instagram peut-elle conduire à des dérives ? Une personne complexée y sera confrontée aux canons attendus par la société, ce qui peut être déprimant. Heureusement, beaucoup de créateurs mettent à mal les normes sur Instagram. L’autre danger, pour ceux qui postent 20 fois par jour et attendent beaucoup en retour, est de chuter le jour où leur audience faiblira.

#lautrebataille

A l’avenir c’est la mise au pas des « influenceurs », ces personnalités qui monnaient leur notoriété auprès des marques sans toujours le signaler d’un mot-clé (#sponso ou #ad). La vedette de téléréalité Nabilla (2,7 millions d’abonnés) enchaîne ainsi les posts de ce genre pour des fringues ou crèmes miracles.

L’opération peut se négocier jusqu’à 10’000 dollars la photo pour les grandes stars américaines. Ce marché parallèle générerait 500 millions de dollars de transactions par an.

Instagram réclame plus de transparence, avec la mention explicite du type « payé par ». S’il n’est pour l’instant pas question de prendre une commission sur ces deals, parions que ça ne durera pas.

#etlargentalors

Mark Zuckerberg a fait une entrée fracassante dans le top 5 des hommes les plus riches de la planète à seulement 36 ans. Sa richesse est estimée à plus 56 milliards de dollars avec une hausse de 11,4 milliards en 2017. Loin devant et au top du classement se situe toujours un certain Bill Gates, avec ses 90 milliards de dollars.

Amasser pour mieux redistribuer fait partie des vertus plus philanthropiques de ces deux pionniers du digital grâce à leurs « mouvements altruistes efficaces » :

  • Bill Gates a créé la fondation Bill & Melinda Gates foundation qui dispose de plus de 102 milliards de dollars à ce jour et qui a pour objectif d’apporter à la population mondiale des innovations en matière de santé et d’acquisition de connaissances.
  • Mark Zuckerberg n’est pas en reste puisqu’il est parmi les 50 donateurs américains les plus généreux. En 2015, il annonce dans une lettre à sa fille le don de 99 % de ses actions à des œuvres caritatives à travers la création d’une fondation, la Chan Zuckerberg Initiative. L’objectif est de faire avancer le potentiel humain et promouvoir l’égalité dans des domaines comme la santé, l’éducation, la recherche scientifique et l’énergie. 

 

Heureusement, il y aura toujours des records de longévité non sponsorisés 🙂

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