Réseaux Sociaux et Recrutement

Doublé gagnant Recruteur Candidat ? A qui profite cette nouvelle façon de procéder, aux deux contractants assurément, à condition d’y être bien préparé.

A l’heure où Facebook vient de lancer sa plateforme de recrutement, analysons un peu ce nouveau processus de recrutement qui est censé prendre le pas sur les méthodes actuelles. En effet, depuis quelques années le monde est de plus en plus connecté. Les mœurs ont changé: il n’est plus question d’aller sur internet uniquement pour se divertir ou chercher une information, non, à présent tout se passe sur internet. A tel point que les nouvelles technologies sont en train de supplanter les médias traditionnels (TV, journaux…). Et pour ce qui est des ressources humaines et de la recherche d’un job ? Les réseaux sociaux sont-ils les nouveaux outils pour les chasseurs de tête et les recruteurs ?

Recruter demande beaucoup de temps : passer des annonces, répondre aux téléphones et aux emails, effectuer un premier tri, sélectionner les candidats pour un premier entretien, faire passer celui-ci, suite à ces premiers entretiens sélectionner les finalistes et les recevoir à nouveau et enfin finaliser les conditions d’engagement avec le candidat retenu. Tout ce temps consacré au recrutement a un coût élevé pour l’entreprise, que cela soit réalisé à l’interne ou externalisé à une agence de recrutement.

Si avant le réseautage était un moyen de dénicher le candidat idéal, aujourd’hui cela est toujours le cas, mais à une échelle encore plus vaste grâce aux réseaux sociaux. Et cela va dans les 2 sens « recruteur et candidat » : en partageant une annonce ou une recherche d’emploi avec ses « liens forts » (amis proches, familles) mais surtout avec ses « liens faibles » (amis des amis, connaissances, personnes qui partagent une même passion, anciens collègues de travail), le recruteur ou le candidat touche un très large public. Les réseaux sociaux sont l’atout qui vous permettra d’atteindre un maximum de personne.

liens forts, liens faibles

Mark Granovetter Sociologue américain considéré comme l’un des principaux représentants de la sociologie des réseaux sociaux

Quel réseau social?

De prime abord, la tendance serait de dire LinkedIn, Xing ou Viadeo. Mais Twitter, Facebook, Instagram et Snapchat ne sont pas en reste et ont chacun leurs avantages et inconvénients.

Décryptage

  • LinkedIn, Xing (germanophone) et Viadeo (France) sont incontestablement les leaders dans ce segment car ils ont été pensés et créés principalement pour le e-recrutement.
  • Twitter serait plutôt un outil pour promouvoir votre marque ou votre entreprise et vous permettre de vous constituer une vraie communauté de « followers ». En plus elle vous permettra de chasser facilement des profils sur la base de mots-clés, les fameux « Hashtags », qui vous donnent la possibilité de passer d’un profil à un autre en récupérant au passage toujours plus de monde pour votre développement.
  • Facebook vient de lancer sa plateforme de recrutement et Facebook c’est 2,2 milliards d’utilisateurs contre 115 millions pour LinkedIn. Néanmoins, la frontière entre la vie privée et professionnelle est infime sur ce réseau, ce qui a comme risque de ne pas vous mettre en valeur, d’autant plus si votre profil Facebook est surtout un endroit de partage familial.
  • Instagram permet de développer votre identité visuelle : basé sur l’image, ce réseau social permet, via de belles photos, de poster une annonce de recrutement design.
  • Snapchat vous permettra de diffuser du contenu « vidéo », malheureusement éphémère. En effet, cela s’efface une fois qu’il a été vu par le ou les destinataires du message. Cependant si vous êtes à la recherche d’un apprenti par exemple (entendez par là cibler un public jeune), il va sans dire que le fait que votre entreprise soit présente sur Snapchat lui confère une identité jeune, dynamique et originale.

En résumé, chaque réseau social a dans ses gènes un public cible. D’y être présent en tant qu’entreprise vous donnera à coup sûr une image moderne, au fait des nouvelles tendances.rs2

Et chez nous alors?

En 2015, une étude a été lancée pour mesurer l’évolution des pratiques et des perceptions (article: HR Today Les réseaux sociaux montent en puissance dans le recrutement, mars 2016). Le questionnaire s’intéresse aux instruments de recherche des candidats utilisés dans le recrutement, à la fréquence d’utilisation et la satisfaction donnée par les réseaux sociaux dans le recrutement ainsi qu’aux freins et aux motivations à l’utilisation de ces outils.

Les suisses romands plébiscitent LinkedIn (51,1%) devant Twitter (11,4%) et Facebook (9,2%). Voilà qui a le mérite d’être clair. Mais nous le savons, le milieu des réseaux sociaux a tendance à évoluer de manière très rapide et ce classement peut rapidement être amené à changer.

Le Branding de l’employeur

Avec le temps le monde du travail a évolué, les entreprises doivent recruter en mettant sur pied des pratiques RH innovantes et adaptées à la réalité des nouvelles générations Y (née entre 1980 et 2000) et Z (née à partir de 2000) qui sont en partie les travailleurs d’aujourd’hui et de demain. Ces derniers ont appris jeune à utiliser l’informatique et les réseaux sociaux. Les candidats potentiels ne se considèrent plus comme des chercheurs d’emplois actifs, aussi les recruteurs doivent aller là où les candidats potentiels se trouvent.

bonheur au travail

Bonheur au travail (Source IDC, Cornerstone OnDemand HR-LOB Survey, Mars 2016.)

Pour cela, il faut en tant qu’employeur maintenir une présence sur le Web : le site internet doit être mis à jour régulièrement, l’entreprise doit être active sur les réseaux sociaux… Et qui de mieux que les employés pour être les meilleurs ambassadeurs de l’entreprise. Mais cela implique que le rapport employé employeur a changé ou doit changer. Selon une étude européenne sur le bonheur des employés au sein de leur entreprise (cf schéma Bonheur au travail), on constate une réelle différence entre les pays du nord et du sud, cela est dû principalement aux approches différentes envers le travail. Par exemple, les pays nordiques sont plus favorables au home work, alors que le reste de l’Europe beaucoup moins, malgré le fait que cette pratique soit souvent discutée au sein des entreprises. L’évaluation aussi est perçue différemment: au nord, elle a un rythme plus régulier voir continu, alors que dans les autres pays, elle correspond à un exercice formel annuel ou semestriel.

Si l’employé croit en son entreprise et partage ses valeurs, il va le faire savoir autour de lui en partageant des sujets de son entreprise sur les réseaux sociaux et ainsi peut-être interpeller le futur nouvel employé. Certaines entreprises l’ont très bien compris et le mettent en avant, à l’image de Swiss qui a donné les reines d’Instagram à ses employés. A tour de rôle pendant 1 mois, ces derniers postent des photos en rapport avec leur employeur. Cela favorise une image positive de l’entreprise et ne coûte pas cher.

Comment les recruteurs utilisent les réseaux sociaux

Les réseaux sociaux sont de plus en plus utilisés, comme dit précédemment dans le domaine des ressources humaines. Les réseaux sociaux professionnels, tels que LinkedIn, Viadeo ou Xing, trouvent un intérêt auprès des recruteurs pour plusieurs raisons. Ils permettent notamment d’avoir accès à un vivier de CV et une certaine traçabilité du candidat. Il devient possible de vérifier les informations du CV, le parcours, les fonctions, mais aussi de voir le réseau du candidat. Pour Facebook par exemple son utilisation est différente, les recruteurs l’emploient plus pour un « contrôle »: savoir si le candidat  ne parle pas en mal de son employeur, si son image sur internet reste correcte et professionnelle… Même si les recruteurs ne disent pas ou peu le faire.

Alors en Suisse Romande tout le monde fait ainsi? Nous avons posé 3 questions à Géraldine Hoch, spécialiste RH :

  1. 1.Votre entreprise est présente sur internet avec un site, mais également sur LinkedIn, Facebook, Twitter et Vimeo, comment utilisez-vous les réseaux sociaux pour le recrutement ? A ce jour, nous n’utilisons que très peu le pouvoir des réseaux sociaux pour recruter. Nous postons des annonces que sur internet, une plate-forme de recrutement et LinkedIn. Pour certains postes spécifiques, nous mettons également l’annonce sur un site internet spécifique au domaine d’activité. Nous sommes conscients que nous pourrions utiliser davantage les réseaux sociaux pour recruter, mais cela demande des connaissances spécifiques et du temps pour développer une politique de recrutement adaptée à ces nouveaux canaux.
  2. 2.Avez-vous déjà trouvé la perle rare grâce aux réseaux sociaux ?

    Nous n’avons pas de statistiques précises nous permettant de savoir via quel réseau le candidat a postulé. De plus, mis à part le recrutement des cadres, le processus est décentralisé, ce qui rend cela encore plus opaque. Cependant, lors de recrutements d’un cadre, je n’ai eu personnellement que 2 candidats qui ont postulé de manière très explicite après avoir vu l’annonce sur LinkedIn. Bien que notre site internet et la plate-forme de recrutement nous permettent d’avoir une bonne visibilité pour la plupart des postes mis au concours, je reste persuadée que nous devons progresser dans l’utilisation des médias sociaux pour trouver les candidats avec des profils rares sur le marché de l’emploi.

  3. 3.Pourquoi à l’heure actuelle le recrutement classique reste-t-il compétitif  vis-à-vis des réseaux sociaux? La nouvelle génération est très active sur les réseaux sociaux, mais cela ne représente pas encore la majorité de nos collaborateurs. De plus, beaucoup d’entreprises n’ont pas encore développé leur présence et le recrutement sur les réseaux sociaux, ce qui fait que pour trouver un travail, les méthodes classiques sont encore un moyen très efficace d’y parvenir.

Pour résumer, les mentalités changent mais le recrutement classique reste encore d’actualité. Nous constatons que les réseaux sociaux sont encore peu utilisés à leur juste valeur.

Quelles conséquences cela a-t-il pour les  candidats ?

Pour le candidat qui est sur le marché du travail ou qui pense à changer de job, un réseau social représente une page professionnelle. Il est nécessaire de réfléchir à ce que l’on souhaite montrer de soi. Un réseau social ce n’est pas seulement un parcours, c’est aussi un réseau de relations que vous montrez.

  1. Êtes-vous sociable ?
  2. Avez-vous développé de bons contacts dans vos expériences professionnelles
  3. Vos amis ont-ils du succès dans leur vie professionnelle ?
  4. Que pensent vos supérieurs et collègues de vous ?

Votre profil peut répondre à ces questions, pire, le recruteur peut aller chercher des réponses à ces questions sur votre profil. De plus, avoir des amis ou des connaissances en commun peut renforcer la confiance entre le recruteur et le candidat.

Voici une expérience d’une candidate, Carola Barth, Marketing Manager chez JYSK qui a été recrutée sur LinkedIn :

Présente sur LinkedIn (international) et Xing (plus germanophone), j’ai toujours veillé à peaufiner mon profil avec mes expériences pro et d’ajouter plus ou moins systématiquement mes nouveaux contacts ou connaissances sur les réseaux. J’ai veillé à mettre en avant mes compétences sous forme de résumé court et que je sois bien référencée dans mon titre en choisissant bien mes mots-clés. La personne qui m’a recrutée était issue du 2ème cercle de connaissances. Nous avions une entreprise en commun dont beaucoup d’anciens collaborateurs en commun. Cet aspect renforce la confiance sur la capacité sociale et sous entend qu’on arrive à agrandir son réseau sur différents services et à différents niveaux de hiérarchie. Donc, elle m’a contactée pour un nouveau poste qui allait se créer dans la publicité. Sa démarche a été de chercher dans son réseau les personnes susceptibles de connaître déjà l’environnement de la grande distribution et dont elle pouvait vérifier rapidement les références. Perso, on recrute encore une personne dans le marketing et je fais aussi travailler du coup mon réseau LinkedIn afin de compléter mon équipe.

Pour ma part, tout le monde ne s’est pas engouffré dans la brèche, certains secteurs sont peut-être plus frileux que d’autres, mais  tout le monde à un pied dedans!

Sources:

HR Today Magazine; IDC Analyse the Futur, Cornerstone; Professeur Eric Davoine, careerbuildier; les réseaux sociaux 2ème edition, par Alain Lefebre, Editions M21

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