MON PARTI POLITIQUE EST PRÉSENT SUR LES MÉDIAS SOCIAUX

Etre sur un média social, c’est bien, avoir une stratégie pérenne, c’est mieux. Comment évaluer l’importance pour un parti politique d’être actif sur différentes plateformes sociales? Analyse et brefs conseils pour les quatre grands partis politiques helvétiques en vue des élections fédérales de 2019.

La Suisse recense quatre partis politiques majeurs et de dimension nationale. Ces partis sont le Parti socialiste (PS), le Parti démocrate-chrétien (PDC), le Parti libéral-radical (PLR) et l’Union démocratique du centre (UDC). Parmi les cités, le record en termes de présence digitale revient au PLR avec un total de six médias sociaux : Facebook, Twitter, Instagram, Flickr, YouTube et LinkedIn.

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Des partis politiques connectés pour 2019

La Suisse et tout ce qui la compose ne peut pas éviter l’ère de la transformation digitale. Aujourd’hui, les médias sociaux sont clairement un ensemble d’outils à intégrer dans toute stratégie électorale et ne peuvent pas être remis en cause. Ils peuvent aider dans une certaine mesure à faire en sorte qu’un parti politique augmente son électorat, ce qui est le but recherché.

Les médias sociaux sont au centre de nos usages quotidiens. Les interactions via les photos et les vidéos sont devenus très importantes. Tout se sait en un temps record. Les informations à traiter représentent un enjeu de taille pour les partis politiques. L’enjeu consiste à gagner des voix, et donc une visibilité sur la scène nationale. Les grands gagnants des prochaines élections fédérales en 2019 seront ceux pour qui s’adapter aux changements et maîtriser les codes des réseaux sociaux n’est pas un problème.

Il n’est pas nécessaire de marquer une présence sur chaque média social existant. L’outil de gestion des réseaux sociaux Hootsuite et l’agence We are social ont dressé le constat suivant ce printemps : Facebook, YouTube et Instagram restent les plateformes sociales les plus utilisées.

Le PS, le PDC, le PLR et l’UDC sont dans le concept du Too big to miss, soit trop grand pour rater. Mais rater quoi? Précisément une présence sur les médias sociaux. Un manque d’activité ou peu d’activité sur certaines plateformes digitales pourrait se traduire pour les partis politiques par un possible revers électoral.

Un organisme politique ne doit pas se contenter de mettre en place une stratégie qui intégrerait des médias sociaux sans savoir par la suite quoi faire en ligne. Les questions à se poser lors d’une présence sur des plateformes numériques sont les suivantes :

  • Qui publie quoi?
  • Où publier?
  • Quand publier?
  • Pourquoi publier telle information?

En répondant à ces questions, on peaufine une bonne stratégie et ainsi on capte l’électorat plus facilement. Le public ciblé, conquis ou pas, va relayer l’information, la commenter, la débattre et donc susciter une sorte de sympathie pour le parti.

Politique

Les politiques et le numérique, Kak pour L’Opinion, 2016.

Une présence non sans importance

Une présence digitale implique pour un parti politique d’être à l’aise avec la modernité et les nouvelles technologies. Au contraire, une absence signifierait que le parti n’est pas en mesure de s’adapter à la nouveauté. Les médias sociaux sont là pour transmettre un message dans l’immédiat, susciter de la réaction en direct mais avant tout pour toucher une population hors médias traditionnels.

De nos jours, les médias sociaux constituent la première source d’information pour les jeunes. C’est important de leur transmettre des messages clairs et qui donnent envie de s’engager ou de soutenir une action. Les publications doivent donc s’adresser avec un langage qui rend le parti plus jeune.

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« Le Matin » version papier cède sa place au 100% digital, Tribune de Genève, 2018.

Zoom sur trois des quatre partis gouvernementaux

Dans le but de comprendre au mieux la stratégie médias sociaux des grands partis politiques du pays en vue des élections fédérales de 2019, j’ai adressé à chaque parti une série de questions*. Pour l’heure, seule l’UDC ne m’a pas répondu. Aurait-elle déjà une stratégie qu’elle ne voudrait pas dévoiler?

Voici une synthèse des réponses reçues.

Karine Barras, porte-parole du PLR :

En 2015, nous avons utilisé les réseaux sociaux pour la première fois de manière intensive et avons essayé de proposer des thématiques de discussion. Le canal était principalement utilisé comme canal supplémentaire plutôt que pour des contenus spécifiques. Nous ne nous sommes pas non plus concentrés sur un groupe cible spécifique, mais sur un large éventail. Quelques premières tentatives dans le domaine de la vidéo ont également été faites. Aujourd’hui, nous jouons sur les réseaux sociaux de manière plus stratégique et surtout dans le but de mobiliser en interne nos principaux électeurs.

Gaël Bourgeois, porte-parole adjoint au PS :

L’évolution porte sur l’ajout  d’un réseau social (Instagram) et sur l’amélioration de la mobilisation en ligne :

  • Groupes de militant-e-s online plus actifs, mobilisables et réactifs
  • Recherches de fonds online
  • Récoltes de signatures online (par voies de pétitions ou des récoltes plus officielles via d’autres plateforme)
  • Lettres d’informations

La stratégie définitive en la matière sera définitivement adoptée au cours des prochaines semaines.

Michaël Girod, porte-parole romand du PDC :

Pour les EF2019, la stratégie digitale est pleinement intégrée à la stratégie globale. En 2015, ceci n’était pas le cas. De manière générale nous avons adopté pour notre documentation officielle (Affiches, flyer, présentation) une ligne graphique plus dynamique, sans renier pour autant à nos fondamentaux. Nous avons lancé sur FB une grande campagne de discussion sur les thèmes qui préoccupent la population: santé, relations de la Suisse à l’UE, retraites, immigration et économie sociale de marché.

Le constat est sans appel, les médias sociaux ont été clairement peu utilisés lors des dernières élections générales suisses en 2015. Raison principale : la stratégie générale n’intégrait pas la stratégie digitale. L’évolution au PLR, au PS et au PDC montre que leur stratégie numérique sera bien optimisée pour les élections en 2019, tous mettront l’accent sur la mobilisation en ligne des électeurs.

A l’évidence, la priorité pour convaincre l’électorat et surtout les plus jeunes devra donc être mise sur les médias sociaux car la presse traditionnelle n’a plus forcément la force d’antan. Mais cette stratégie comporte également des risques, à l’image de la diffusion éventuelle de fausses informations. Comment les partis intégreront-ils ces risques? La question reste ouverte.

En conclusion, on peut affirmer que les prochaines élections fédérales constitueront un bon test pour analyser la manière dont les médias sociaux permettent aux partis politiques suisses de développer et d’assurer une présence efficace au niveau national. Affaire politique à suivre donc… sur les médias sociaux!

*Voir document ci-joint : Questionnaire aux partis politiques

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