Réseaux sociaux, le canal idéal pour dépolluer les océans

Avec plus de trois milliards d’utilisateurs, les réseaux sociaux représentent une formidable opportunité d’amplifier la portée du message de sensibilisation à la pollution marine. Cette nouvelle forme de diffusion, est-elle efficace pour recruter de nouveaux bénévoles et inciter à l’action et aux dons ?

Océans et mers recouvrent 70% de notre planète et représentent 97% de l’eau sur Terre. Les activités humaines génèrent des pollutions multiples – eaux usées, pesticides, hydrocarbures ou encore plastiques. Selon les statistiques du WWF, il y a 86 millions de tonnes de plastique qui encombrent nos océans. Le développement de ce 8ème continent menace l’ensemble des êtres vivants.

Les ONG, comme Surfrider Foundation et 4ocean, utilisent les plateformes internet pour engager un dialogue avec les internautes et leur communauté. Cette digitalisation leur permet de se faire entendre sur ce sujet complexe et souvent accablant.

 

HASHTAG À LA RESCOUSSE

Bien que les messages véhiculés par les ONG et les associations soient forts, les utilisateurs d’internet sont facilement distraits. Ils n’accordent que peu de temps aux informations sur le web, d’où leurs préférences pour le « snack content » – un contenu court et rapidement consommable. L’enjeu consiste donc à faire émerger le contenu du flot d’informations malgré le renouvellement perpétuel de celui-ci.

Sur les réseaux sociaux, certaines initiatives pour la protection de la planète deviennent cependant virales. C’est d’ailleurs à l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement que l’ONU a lancé sa campagne #BeatPlasticPollution pour mettre fin aux déchets plastiques.

“Abandonnez un objet en plastique à usage unique et remplacez-le par une alternative écologique, publiez une photo ou vidéo de vous sur vos réseaux sociaux et invitez vos amis ou des personnalités à en faire autant !”

Avec ce challenge sous forme d’appel à l’action, de nombreuses personnes se sont publiquement engagées. Parmi elles, on compte des célébrités comme Arnold Schwarzenegger ou encore Tom Felton.

 

CHOQUER POUR CAPTER L’ATTENTION

Face à un public de moins en moins réceptif – notre temps d’attention moyen est de 8 secondes – comment se démarquer dans le flux de l’actualité ?

Pour résoudre cette problématique, la solution est de créer des contenus qui s’adressent à la fois au rationnel et à l’émotif – « le poids des mots, le choc des photos ». Une image doit donc attirer le regard et l’information retenir l’attention.

Le but est même de choquer pour favoriser la mémorisation du message. Ce concept du « shockvertising » – « shock » qui signifie choquer et « advertising » qui veut dire publicité – consiste à obtenir une réaction en nous confrontant à des réalités qui dérangent.

Dans le contexte de la pollution marine, le discours est souvent alarmant. En publiant des images et des vidéos de la situation actuelle et future dans le monde, cette tactique efficace permet de réveiller les consciences. Une stratégie employée par de nombreuses organisations, telle que Greenpeace, qui vise entre autres à responsabiliser les gens à propos de nos océans pollués.

 

HUMAINS ET ANIMAUX MARINS DANS LE MÊME BATEAU

La liste des menaces qui pèsent sur les milieux marins s’agrandit au fil du temps. Les animaux marins sont les premières victimes du transport maritime, des plateformes pétrolières, des rejets industriels et des produits chimiques.

Après avoir tué tortues, baleines et poissons, toutes ces substances dangereuses, qui sont loin de se dissoudre dans l’eau, se retournent contre les hommes. En tant que consommateur de poissons et de fruits de mer, 11 000 fragments de plastique se retrouvent chaque année dans nos assiettes.

La tendance à aimer les animaux sur la toile donne l’opportunité aux ONG de sensibiliser à travers eux. Un moyen de communication très souvent utilisé pour que le lecteur découvre les différentes couches du problème sur la situation marine.

 

En France, choqués par le massacre de milliers de dauphins sur les côtes dû aux navires de pêche, les internautes ont dénoncé les meurtres de ces cétacés sur les réseaux sociaux. Suite à cette polémique, une pétition de Sea Shepherd a été relayée en masse et a récolté plus de 65’000 signatures.

 

L’IMPACT DES STARS POUR LES EAUX POLLUEES

Grâce à leurs statuts d’influenceur, les célébrités peuvent sensibiliser leurs abonnés au travers des canaux digitaux. Suivi par des milliers voire des millions de personnes, ce choix de communication permet la viralité exponentielle de l’information sur le web.

Lors de certaines campagnes digitales, les ONG et les personnalités militantes s’allient pour le respect des océans. Parfois par un discours lors d’évènements, une prise de positon sur les médias sociaux, ou encore en n’hésitant pas à aller directement sur le terrain.

Par exemple, Javier Bardem a rejoint l’expédition de l’équipe Greenpeace pour la protection de l’Antarctique. Sa présence a permis la diffusion de plusieurs vidéos, photos et articles en ligne sur une période significative. Sur Instagram, Guillaume Canet a décidé de soutenir Project Rescue Ocean et Laury Thilleman a tenu à pousser un coup de gueule sur l’état environnemental du littoral.

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10 que je viens sur cette île et je n'ai jamais été aussi dévastée de voir autant de déchets flottés le long des côtes. Sans parler des sacs plastiques sous-marins se confondant sérieusement aux méduses. Les premières victimes de cette soupe de plastique sont les poissons, les oiseaux, tortues, dauphins, baleine et plus récemment un cachalot : retrouvé mort sur une plage espagnole. La cause ? 29 kilos de plastique dans le ventre ayant obstrué son système digestif. Mais n'oublions pas que tout ce plastique finit aussi dans nos assiettes : un consommateur européen moyen de fruits de mer ingurgite jusqu’à 11 000 fragments de plastique présents dans les fruits de mer chaque année. Il est urgent d'agir ensemble : documentez vous, sensibilisez votre entourage à ce fléau, participez aux petitions qui peuvent faire avancer les choses au niveau européen… Apportez votre petite pierre à l'édifice avec des solutions faciles à appliquer au quotidien : -préférez les sacs réutilisables à ceux en plastiques, les gourdes en inox aux bouteilles (pour rappel, les bouteilles en plastique sont recyclables, mais contiennent des toxiques), dirigez vous vers le vrac, investissez dans des bocaux, ou réutilisez vos pots de confiture, compotes etc… La liste est longue et je suis sûre que vous avez déjà trouvé un tas d'astuces pour soulager notre planète et nos océans de cette catastrophe que notre espèce et nos industries ont crées de toute pièce ! #trashinvasion #PLASTIC #resetyourbottle #eucommission #takeaction

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Jérémy Raffin a profité de ses vacances dans un lieu paradisiaque, Mayotte, pour montrer l’envers du décor. Bien loin du sable blanc et de l’eau turquoise des zones touristiques, cette piqure de rappel s’avère influente au vu des commentaires de sa communauté.

Suite aux multiples critiques sur le mode de fabrication de leurs produits, les entreprises s’impliquent davantage dans le mouvement écologique afin de redorer leurs images et d’améliorer leurs e-réputations. De plus en plus de grandes marques, notamment Adidas et H&M, récupèrent la fibre venant des déchets marins recyclés pour confectionner leurs vêtements. Actions qu’ils n’hésitent pas à mettre en lumière sur leurs réseaux.

 

DU LIKE À L’ACTION

L’engouement des internautes sur les réseaux sociaux montre qu’ils sont réceptifs à ces propos mais de façon irrégulière. Malgré des milliers de followers sur les comptes luttant contre la pollution dans les milieux marins, on compte peu d’actions concrètes. Car si les « likes » donnent un écho au message, la levée des fonds reste limitée – l’augmentation du nombre d’abonnés n’accompagne pas forcément la hausse des dons.

Les contenus culpabilisants auraient tendance à démobiliser les internautes. C’est pour cela qu’il est important que les organisations soulignent le positif en encourageant leurs membres avec des posts optimistes remplis d’espoir. De la même façon, elles valorisent davantage l’implication de leur communauté en montrant les effets concrets et mesurables permis par les dons.

Grâce aux réseaux sociaux, l’internaute peut passer de donneur anonyme à celui d’acteur en s’investissant dans les campagnes. C’est un nouveau processus de recrutement : transformer l’internaute en donateur ou en bénévole.

 

En clair, les médias sociaux permettent une grande créativité au niveau des contenus. En impliquant le public avec des dispositifs interactifs, le dialogue devient tout de suite plus engageant et humain. Toutefois, les ONG et les réseaux sociaux gagneraient à s’associer pour mettre en place de nouveaux moyens de campagnes de don afin de faciliter l’expérience pour l’utilisateur. Plus qu’un outil de communication, les internautes pourraient s’investir financièrement dans le combat de la pollution marine en un clic.

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